mercredi 26 janvier 2011

Tidiane N'Diaye : Par delà les ténèbres blanches

J’ai enfin saisi l’occasion de lire cet anthropologue franco-sénégalais donc quelques unes des publications ont été remarquées, notamment Le génocide voilé, regard d’un africain sur la traite arabe des esclaves.


Tidiane N’Diaye change de sphère géographique dans le cadre de ce texte. Par delà les ténèbres blanches explore la question de l’Afrique du Sud, l’histoire de son peuplement par des vagues successives, bantoues, boers, anglaises, indiennes. Avant d’analyser le choc de la rencontre de ces différentes communautés, il s’immerge dans les raisons de ces différentes migrations, ainsi que les intérêts qui ont animé ces peuples, qui les ont opposés avant de les séparer dans l’un des régimes ségrégationnistes les plus aboutis au sortir de la seconde guerre mondiale, l’apartheid.

L’auteur franco-sénégalais porte un regard assez distant sur cette histoire violente et introduit le lecteur dans un univers qui est beaucoup plus nuancé, plus complexe qu'il n'y parait, qui ne saurait se résumer à une domination blanche sur une population noire majoritaire.

De la découverte de l’Afrique du Sud par les chinois à la création du premier comptoir de la Compagnie hollandaise des Indes au Cap, des migrations des pèlerins néerlandais et français fuyant les persécutions religieuses européennes au M’fécane de Chaka Zulu, de la défaite de l’armée impériale britannique contre les troupes zouloues à la création des kommando boers, la naissance de l’ANC inspirée du parti créé par Gandhi en Afrique du Sud au nazisme larvé du Parti National, l’identité sud-africaine se forge sous nos yeux, avec les nombreux crimes, par le mépris de l'autre, avec la question du pouvoir à partager ou pas et celle de l’exclusion voire l'extermination.

L’objet de ce livre est de montrer par quels moyens, en se plaçant au-dessus de la mêlée, en ayant une conception non pas des peuples sud-africains, mais d’un peuple sud-africain, Nelson Mandela s’est employé à permettre l’émergence d’une nation arc-en-ciel.


Tidiane N’Diaye montre très bien que rien n’est acquis. Que la question foncière n’est pas réglée. On aurait aimé qu’il développe un peu plus de nombreux angles, mais je pense qu’il faut concevoir cette enquête historique comme un hommage à Nelson Mandela et une introduction à l’histoire d’un pays qui est riche d’enseignement pour l’ensemble de l’humanité.

Bonne lecture,

Tidiane N’Diaye, Par delà les ténèbres blanches
Editions Gallimard, Collection Continents noirs
1ère parution en 2010, 157 pages

Source Photo Sud Planète

samedi 22 janvier 2011

Edem Kodjo : Lettre ouverte à l'Afrique cinquantenaire

Il me semble intéressant en tant que lecteur et chroniqueur de me situer par rapport à l’auteur. C’est une bille supplémentaire que j’apporte qui peut expliquer mon enthousiasme ou ma réserve sur un texte. Edem Kodjo est l’un des premiers hommes d’état africains que j’ai connu dans ma prime enfance. Et pour cause, il était à cette époque, secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine. Il est resté dans mon imaginaire à l’instar d’Idé Oumarou, une figure emblématique et active de cette organisation…

Récemment, j’ai eu le plaisir d’écouter cet homme d'état à une rencontre organisée par Gallimard dans le cadre très coquet de la Maison de l’Amérique latine de Paris, à l’occasion de la parution de sa lettre ouverte à l'Afrique cinquantenaire. Ce fut très intéressant de le voir exprimer son indignation quant à la condition actuelle du continent africain et le peu d’ambition des élites africaines. Tout cela étant formulé avec une forme de classe et de respectueuse ironie quand il évoque l’Afrique cinquantenaire qui danse encore et toujours… Mais sous ce masque affable, il me semblait percevoir une sourde colère de l’homme qui ne s’accoutume pas du fait, qui n'accepte pas cette dernière place assignée à son continent bien-aimé. Le paradoxe pour moi étant qu’Edem Kodjo restait tout de même, un homme de pouvoir, homme de premier plan de la construction africaine, qui a été à deux reprises premier ministre de son pays, donc en mesure de faire bouger les choses au moins au Togo sinon au niveau continental.

Un point percutant de cette rencontre fut l’interpellation du critique littéraire Boniface Mongo-Mboussa, lecteur de « Et demain l’Afrique », qui ne désespère pas de lire une autobiographie d’Edem Kodjo, le littéraire, sur sa vie d’homme d’état africain depuis les indépendances. Un sacré legs pour les générations à venir.

Quand on rentre dans le texte, on pénètre au coeur de la colère d’Edem Kodjo. Il n’y a qu’à compter le nombre de points d’exclamation que l’on dénombre dans cette première phase de la lettre. Ah oui, ne vous attendez pas un essai. Ici, il n’y a que la passion d’un fils pour sa mère nourricière, le cri déchirant qu’un homme lance à ses contemporains. Et le verbe est là pour soutenir son propos, sa charge de mots, son interpellation. On en appelle aux disparus, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et bien d’autres.



Dans cet éclat de voix, il y a d'abord de l'exaspération. Le cinquantenaire ne serait se résumer à un événement festif. Il y a aussi le temps de l'interrogation. Il y a une forme de questionnement, de remise en cause chez cet homme qui parait exceptionnel en ces temps de commémoration. Car étrangement, il ne fait pas le procès d'une catégorie d'africains. Non, ceux qui s'attendent à voir quelques chefs d'état épinglés par Edem Kodjo, en auront pour leurs frais. Il n'y a pas une dénonciation des manipulations de puissances extérieures, tellement il semble évident pour ce dernier que nous nous trouvions là dans l'ordre des choses. C'est une interpellation collective, un appel à la responsabilisation de chaque africain. Ecoutons-le.
Vérité profonde, indéniable, toujours vérifiée et avérée au long des âges, au long des temps, et qui s'impose aujourd'hui à toi, chère Mère-Afrique! Tes enfants sont ta matière première et ta première richesse, mais je veux parler d'enfants debout, droits comme des baobabs, prêts pour la lutte et la souffrance, ne redoutant ni épreuves ni tourments, des enfants éduqués, conscients et consciencieux, torrentueux, tournés vers l'action, ayant comme idéal ton destin et pour objectif  ton avenir. Oui, de solides enfants, de corps, de coeur et d'âme; non pas des crapules qui arpentent les chaussées de tes cités à la recherche du gain facile et de l'arnaque aisée; non pas ceux qui bayent aux corneilles, mollusques avachis et qui prétendent faire du commerce, non! de vrais hommes et de vraies femmes qui savent ce qu'effort veut dire... qui sont convaincus qu'ils ont entre leurs mains leur propre sort et que leur destin ne se forge pas ailleurs, qui ne perdent pas leur temps à s'en prendre à d'autre, lorsque l'horizon s'assombrit et que le quotidien se complexifie.
page 40, édition Gallimard

Puis de citer Césaire :
L'heure de nous-mêmes a sonné.
L'heure de la réforme. L'heure de la refonte.
La rigueur , encore la rigueur, toujours la rigueur et nos nations seront sauvées. La rigueur personnelle, dans la pensée, dans le comportement, dans le mode de vie, est la pierre philosophale contemporaine. La méthode sourd de la rigueur qui, elle-même, s'appuie sur la méthode. La rigueur appliquée à soi-même détermine les habitudes de vie. On y reviendra sans doute. Pour l'instant admettons que l'ascèse est primordiale :  elle conduit à une gestion plus économique de soi, à l'épargne, à une moindre vénération de l'argent roi, à une conception de la vie qui ouvre d'autres perspectives que des idéaux matérialisés, trivialisés, dépouillés du spirituel, essentiellement tournés vers l'accumulation des biens et la subordination de tout succès à l'énormité d'un compte en banque.
La rigueur en société résulte, bien entendu, de la rigueur personnelle : l'exactitude, la ponctualité, la loyauté, la parole donnée, la parole tenue, la franchise, le respect de soi, le respect scrupuleux de l'autre l'honnêteté. Les africains ne peuvent pas se construire ni construire leur continent sans ces prémisses et ces fondements.
page 53, édition Gallimard
La grande proposition de ce texte est l'appel à l'unité panafricaine d'Edem Kodjo. Il y a toujours cru et il continue à y croire. C'est une évidence, que les micro-états hérités de Berlin sont une entrave au développement du continent. A une heure où la mondialisation impose les rapprochements des états en superstructures, la logique des micro-états africains hérités de Berlin, où s'entredéchirent les poplations recomposées et juxtaposées de nations précoloniales, est une réelle entrave. L'enjeu est la prise de conscience par chaque africain de cette necessité de rassemblement est la seule planche de salut de continent.

Oui, c'est une lettre gorgée par la passion d'un homme à l'endroit de la terre qui l'a vu naître. Une lettre qui je l'espère, sera lue par nombreux fils et filles de cette Afrique cinquantenaire à l'issue de la décolonisation, mais millenaire au-delà...

Bonne lecture,

Editions Gallimard, collections Continents noirs
77 pages, 1ère parution en 2010

Vous pouvez écouter Edem Kodjo au sujet de son livre sur France Culture
Lire également les commentaires d'Adjete et de Kangni Alem.

samedi 15 janvier 2011

Novembre à Bamako

On connait la chanson, les dimanches à Bamako sont des jours de mariage. Ok, pour celles et ceux qui aiment Amadou et Mariam. Mais saviez-vous que Novembre à Bamako, c’est le mois de la culture ?


Personnellement, je savais que le Festival Etonnants Voyageurs s’y déroulait à cette période depuis quelques années. J’avais également eu vent de la Biennale africaine de la photographie, sans mesurer la portée de cet événement. Mais que dire du festival Danse Afrique danse?

Non, je ne savais rien de la densité de l'activité culturelle à Bamako à cette période de l'année. C'est donc par le biais de ce très bel ouvrage publié aux éditions Cauris (éditeur malien) et Bec en L'air que j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt les actrices et acteurs d'une certaine forme de la culture à Bamako. Valérie Marin Le Meslée, journaliste littéraire, nous introduit par sa plume dans cet univers qu'elle connait bien puisqu'elle se rend régulièrement au festival Etonnants Voyageurs de Bamako depuis plusieurs années. Elle est accompagnée dans sa démarche par la photographe Christine Fleurent.
 
Avant d'aborder le reportage de Valérie Marin La Meslée, je souhaite souligner la qualité et la complémentarité du travail de ces deux artistes, à savoir l'écrivaine et la photographe. Les plans, les angles d'attaque de la photographe sont fonction de l'interlocuteur ou de l'interlocutrice, de la situation à mettre en scène. Elles ont très bien su se placer en retrait pour mettre en avant le sujet de leur investigation, laissant souvent leurs propres regards aux oubliettes.
 
 
Je pense d'ailleurs que c'est tout l'intérêt du travail de fourmi réalisé par ces deux femmes. Le terme est assez faible pour décrire ce tour de Bamako de la culture de personnes souvent interviewées à domicile. A Magnambougou, à Djelibougou, à Ouolofobougou et bien d'autres quartiers de la capitale malienne. Je vous les ai cités de tête pour bien montrer qu'au fil de la lecture, on s'imprègne tant du discours, des espérances de ces hommes et ces femmes que de l'endroit où il est émis, les noms de ces quartiers étant souvent chargés de sens... Djelibougou, quartier des griots, par exemple.
 
Tous les champs de la culture sont passés au crible de Valérie Marin La Meslée. Les livres naturellement. Les acteurs du livres. Ceux qui écrivent comme Moussa Konaté, Ibrahima Aya, Ousmane Diarra. Ceux qui en font la promotion par l'édition, par la réalisation d'événements autour du livre comme le fameux festival déjà mentionné ou cette Rentrée Littéraire Malienne, manifestation qui entend faire la part belle aux productions locales. La démarche de la journaliste de l'Express s'exprime déjà. Par des interviews courtes, ces personnalités livrent leur impression sur leurs initiatives respectives et les moyens de toucher un public large, sur les enjeux de leur travail d'écrivains et le besoin de costumizer à la sauce local leurs actions... Un point a retenu mon attention, à savoir le contexte de travail de ces auteurs, et la difficulté de création dans un environnement laissant peu de temps au retrait, à la mise en aparté qu'exige la constitution d'une oeuvre littéraire... 
 
Quand elle s'attaque aux musiciens, l'affaire se corse. Mettre la main sur les stars internationales que sont Salif Keita ou Rokia Traoré n'est pas une partie de plaisir, mais l'échange qui en résulte annihile toute amertume. Le discours est intéressant et un premier constat que l'on peut faire est ce contact de ces musiciens avec la terre originelle. Cheick Tidiane Seck, Habib Koité, Rokia Traoré, Amadou et Mariam ou Salif Keita, tous ont une attache forte avec leur pays et la volonté d'y développer des projets permettant le passage de témoin à d'autres... En même temps, ils parlent de leur art avec passion, avec lucidité. Sur les difficultés à être artiste dans un pays où la notion de castes est tres prenante et où par conséquent on ne s'improvise pas à certaines activités sans jeter l'opprobe sur toute une famille, fasiya quand tu nous tiens...
 
De la musique à la danse, il n'y a qu'un pas qui me fait découvrir Kettly Noël, chorégraphe haïtienne qui s'est installée dans la ville depuis des années et y a initié de nombreux danseurs avec la poigne du Roi Christophe, on pourrait penser. Une exigence salutaire, sûrement sélective dans un créneau où la vocation est nécessaire.
 
Les acteurs de la culture  ne sont pas seulement maliens. Haïtien comme James Germain, camerounaise comme Marthe Bolda.
 
De la danse au cinéma, du cinéma à la mode, de la mode au théâtre, du théâtre aux arts plastiques, des arts plastiques au Hip Hop, du Hip Hop à la photographie...
 
Si les mentalités doivent continuer à être travaillées pour qu'elles éveillent à ces codes occidentaux, désormais universels de la culture, il est intéressant de constater que c'est dans la culture traditionnelle que tous ses artistes puisent pour faire entendre leurs voix, la voix de leur pays. C'est à cela qu'on entendra surement les histoires de lions qui donneront leurs versions des faits...
 
J'ai aimé l'ambition, l'enthousiasme de tous ses acteurs de la place culturelle bamakoise, comme Kettly Noël à propos de la danse:
J'aimerais que cette dans e soit porteuse d'espoirs pour la créativité contemporaine. Qu'un milieu en danse existe vraiment. Il faudrait qu'on parle des danseurs de Bamako et même de l'école de bamako. Déjà on dit partout que bamako a le truc culturel. la ville bouge. Reviens dans dix ans, tu verras.
Novembre à Bamako, page 72

La pertinence de certaines analyses, loin d'être du réchauffé servi aux journalistes occidentaux. Ecoutons par exemple Samuel Sidibé, directeur du Musée National :

Imaginer d'autres perspectives...
Lorsqu'on parle de Bamako, ce sont les Rencontres photo, Culturesfrances, Etonnants voyageurs.. Même si Moussa Konaté est malien, qui dirige ce dernier festival, ce sont toujours des pôles d'activités culturelles tenus à bout de bras par l'étranger qui servent de vecteurs à la circulation de l'image de l'Afrique. Pourquoi ne pas imaginer d'autres perspectives? (...)
Notre manque de vision
C'est notre manque de vision... L'Afrique n'a pas été à la hauteur de proposer au monde sa propre lecture, sa propre façon de voir, c'est un véritable déficit. Il faut aujourd'hui rendre visible notre force. Et nous en avons. Ce ne sont pas les moyens techniques qui manquent. Nous avons vécu pendant quarante ans de l'aide au développement, qui nous a éliminés de notre propre champ. C'est dramatique.
Page 154, Editions Cauris

Bon, je pourrai parler pendant longtemps de ce livre. Une belle initiative qui me donne un motif réel pour aller à Bamako. Affaire à suivre!

Cauris Editions et Le bec en air Editions
1ère parution en 2010, 221 pages, préface d'Oxmo Puccino
Ecoutez l'interview avec Yvan Amar de RFI

mardi 11 janvier 2011

Rencontres culturelles de Janvier sur Paris

C’est un début d’année poussif sur ce blog. Je suis plongé dans une lecture un peu longue mais passionnante, interrompue par le train-train quotidien, une petite fatigue liée à mes activités professionnelles et une organisation personnelle à affiner. Mais, cet épisode sera de courte durée, c’est certain.


En attendant, j’aimerai vous faire part de trois rencontres culturelles intéressantes qui auront lieu dans les jours de Janvier à venir. Sur Paris naturellement. Désolé pour les provinciaux et affiliés.

Samedi prochain, au Musée Dapper, la culture malienne sera à l’honneur. A l’occasion de la sortie du livre Novembre à Bamako de Valérie Marin La Meslée et de Christine Fleurent, un parterre d’animateurs culturels entourera ces charmantes dames sur le sujet du bouquin. Quand, je pense à la qualité du bouquin mais surtout à la révolution culturelle dont Bamako semble être le théâtre, j’en arrive à une conclusion : Venez ! Vous ne perdrez pas votre temps.

Novembre à Bamako du côté du Musée Dapper
Samedi 15 Janvier 2011, à 15h
Musée Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris / 01 45 00 91 75

Rencontre avec les auteures Valérie Marin La Meslée (textes) et Christine Fleurent (photographie) en compagnie d'acteurs passions du monde culturel de Bamako, à savoir le designer Cheick Diallo, le directeur du studio Blonba Alioune Ifra Ndiaye et l'artiste vidéaste Toussaint Dembélé. Entrée libre.

Du côté de la Porte Dorée, à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, à l'autre bout de la ville des lumières à 17h30 aura lieu un café littéraire avec Léonora Miano, Delphine Coulin et Yahia Belaskri.
Pour toute information complémentaire vous pouvez consulter ce lien. Techniquement pour les plus motivés, il est possible d'enchaîner les deux événements.


Samedi 15 Janvier 2011, 17h30
Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil 75012 Paris / 01 53 59 58 60

En métro : station Porte Dorée (ligne 8)

© Doris Lê
Le troisième meeting est la première rencontre Afriqua Paris de l'année qui aura lieu Jeudi 20 Janvier 2011 à partir de 19h, sur le thème des « afropéennes » en compagnie de la romancière Léonora Miano, dans le cadre de la parution de son nouveau roman Blues pour Elise, de la comédienne Mata Gabin qui jouera prochainement son one-woman-show Betty et d’Axelle Jah, rédactrice et animatrice du blog très original « Femmes en capitale » qui donne la parole à des citadines parisiennes.

Léonora Miano a écrit Blues pour Elise
A travers quatre parisiennes dʼorigine africaine et de leurs proches, Léonora fait un arrêt sur image sur les réalités citadines des « Afropéennes » en France. Blues pour Élise est un récit contemporain qui, loin des clichés misérabilistes, montre de lʼintérieur, des vécus urbains, métissés et charnels dʼune France qui nʼest pas toujours visible. Quatre héroïnes en encrage avec leur Paris, à mode de vie bobo et en lutte contre la solitude… Quatre femmes dʼaujourdʼhui, irréductible, uniques et universelles.

Mata Gabin joue Betty.
Spectacle écrit et mise en scène par Jean-Christophe Sirac. Betty est une sérial menteuse, mythomane invétérée dont la vie haute en couleur est déclinée en chapitres, en sketch parsemé dʼembûches quʼelle contourne avec malice, mensonge et humour !!! Elle est noire, française, martiniquaise, ivoirienne et corse. Mensonge ou vérité ?

Axelle Jah parle de femmes en capitale
Parisienne d'origine camerounaise, initiatrice (épaulée par Doris Lê aux photos et Noëlla Boivent à la direction artistique) du projet Femmes en Capitale(s)®, un blog consacré aux Parisiennes de naissance ou d'adoption, incarnant le métissage culturel de leur ville. Axelle et son équipe révèlent le Paris de chacun de ses habitants, le Paris adoré, le Paris secret, le Paris non apprécié, le Paris métissé, simplement, le Paris qui est, qui se construit au gré de chacun, le Paris moderne. Axelle viendra nous en parler plus amplement.

Vous l'avez compris, ce sont des dames pertinentes, drôles, passionnantes que nous aurons le plaisir de découvrir. Alors... Bravez le froid, ce sera chaud!

Restaurant Albarino Passy, 4 rue Lekain, 75016 Paris, Métro 9 - Station La Muette
19h à 20h30 plus un temps d'échanges avec les invitées jusqu'à 21h pour celles et ceux qui le souhaitent.
Entrée libre

samedi 1 janvier 2011

2010 terminée, vive 2011 !

Je me surprends à tenir ce blog pour une nouvelle année. Le genre d'aventures dans lesquelles on s'embarque et qui nous conduisent sur des rivages inattendus. 2010 a été pour le blogueur que je suis une année riche en rencontres. D'abord avec les textes. Des auteurs. Des univers. Des huis clos privilégiés. Des discussions souvent à sens unique. Le lecteur subissant quelque peu le propos de l'auteur. Mais parfois, l'opportunité vous est faite de réagir, de questionner les auteurs, en savoir plus sur leurs motivations, sur leur manière de produire cette littérature. Afriqua Paris, qui organise des rencontres culturelles à L'Albarino Passy dans les beaux quartiers parisiens, m'a fourni une possibilité d'intéractions supplémentaires avec les écrivains (en dehors de la rubrique interview), en m'offrant ce partenariat et une co-animation de ces rencontres avec Penda Traoré.

Expérience riche qui a permis depuis la rentrée, des rencontres avec Alain Mabanckou, Gary Victor, Yahia Belaskri, Sami Tchak, Myriam Tadessé... Si vous êtes sur Paris, le 27 Janvier 2011, la romancière Léonora Miano sera la prochaine invitée de ces rencontres...

Je me rends compte en revoyant les intitulés de mes billets que je suis très peu sorti de l'univers afro-caribéen en 2010. Peu d'excursion en Amérique latine, aucune en Asie. L'Europe est très présente dans mes lectures. Elle est vue par le prisme de ces auteurs de la diaspora africaine. Ces interactions sont manifestes dans des ouvrages comme Celles qui attendent, Blues pour Elise ou Demain j'aurai vingt ans pour ne citer que ces textes de la rentrée littéraire. Les Caraïbes ont pris une place importante. Ayiti en particulier. Rodney Saint-Eloi. Kettly Mars. Gary Victor. Dany Laferrière. Elle a frappée en 2010 par le goudou-goudou dévastateur. Malgré la richesse passionnante de la plume de ses auteurs, malgré l'imaginaire à la fois luxuriant et fantastique de cette littérature, le grondement meurtrier n'a pu être démasqué.

Je ne vous fournirai pas le top ten de mes lectures en 2010. Cela n'a pas vraiment d'intérêt. Il me reste tout de même sur le palais, le goût des Saisons sauvages de Kettly Mars, Le sang et la mer de Gary Victor ou Pimp d'Iceberg Slim. En première intention, mais il y en a bien d'autres...

Sur le plan des statistiques, je note 40% de visites en plus par rapport à l'exercice 2009, une petite baisse de 15% du temps passé sur le site lors de ses visites (par rapport à 2009).

Les articles les plus consultés ont été :
Chinua Achebe : Un monde s'effronde
Alain Mabanckou : Demain j'aurai vingt ans
Olympe Bhely-Quenum : Un piège sans fin
Mariama Bâ : Une si longue lettre
Birago Diop : Les contes d'Amadou Koumba
Fatou Diome : Celles qui attendent
Emmanuel Dongala : Photo de groupe au bord du fleuve
Amadou Hampaté Bâ : Amkoullel, l'enfant peul
Marie N'Diaye : Trois femmes puissantes
Dany Laferrière : Comment faire l'amour à un nègre sans se fatiguer
2010 a été l'occasion pour ce blog d'être exposé dans le cadre du fameux concours des BOBs dans lequel il a été finaliste dans la catégorie Meilleur blog francophone. Une belle expérience qui m'a permis de découvrir des blogs passionnants que vous toujours la possibilité de consulter sur le site de la radiotélévision allemande à l'initiative de ce grand concours international. C'est encore l'occasion de remercier toutes celles et tous ceux qui m'ont soutenu dans cette aventure.

Global Voices a accordé un interview de votre serviteur. Interview traduite en près de huit langues...
Mes collaborations se poursuivent donc avec Afriqua Paris, Cultures Sud, Agendakar et cette année peut-être avec 20mai.net

Bref, l'année 2010 fut riche, vous l'avez compris. Merci à tous les intervenants sur ce site. Merci pour vos commentaires. Merci pour les lecteurs silencieux. Merci pour votre fidélité. Permettez-moi de vous souhaiter une très bonne année 2011 et très bonne decennie en espérant pour vous de très bonnes lectures passionnantes, constructives, édifiantes.

BUANANA 2011!!!