Courant septembre, j'ai vécu une expérience riche, drôle, passionnante. Une de ces rencontres que j'affectionne, un prolongement de mes lectures, sauf que j'étais enfermé dans un studio très intimiste d'Africa
n°1, la radio africaine qui émet en région parisienne. Anasthasie Tudieshe, charmante et brillante journaliste faisait un portrait détaillé de votre serviteur. Loin de mon fidèle clavier, je me suis senti bien seul soumis aux joutes subtiles de la belle dame. Je vous mets en ligne ce portrait en 15 volets réalisés dans le cadre de l'émission Africamix. Il vous manquera la bande son musical qui interrompait ces short cuts, choix parmi tant d'autres énorme et inspiré, puisque j'ai eu droit entre autres à Chaka Demus and Plyers, coup de maître, évocation d'une atmosphère de lecture de l'adolescent que je fus à l'époque où ces jamaïcains faisaient danser la planète. Je placerai un titre sur chaque séquence.
Gangoueus, oui mais encore?
Identité multiple, mes choix de lecture
Mon premier livre - Pourquoi avoir créé un blog littéraire?
Écrivain contrarié?
Première identification à une oeuvre littéraire.
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Ligne éditoriale - la lecture, lieu de rencontres
Champs d'investigation
Les écrivaines africaines et moi !
Les écrivaines africaines et moi (2) !
Quelle littérature pour un peuple brisé? Le cas de Faulkner
Quel est le livre des livres?
Ce fut une expérience passionnante, dans un petit studio à la fois oppressant et convivial où la journaliste était dans son élément comme un poisson rouge dans son océan. Merci à Anathasie Tudieshe pour ce moment d'échange ainsi qu'à la radio africaine pour cette exposition à leur public. Bonne écoute, et que vous soyez d'accord ou pas, vous aurez compris que ce qui compte pour moi, c'est votre avis.
































12 commentaires:
cher Gangoueus ! que c'est agréable de t'entendre (ou plutôt de vous entendre, parce qu'elle est rudement intéressante aussi, la journaliste!)parler des livres que tu aimes ...j'ai noté des références pour ma prochaine commande. C'est quand qu'on te lit, ton lapsus est ....révélateur ??bravo en tous les cas, tu gères de façon magistrale un exercice qui ne doit pas être aussi facile que semble montrer une éloquence aisée ! merci et.....continue !
Disons, chère Françoise, que l'exercice n'est pas aisée. Mais Anasthasie Tudieshe a l'art de mettre à l'aise son interlocuteur afin de faire le meilleur portrait possible. On peut donc s'exprimer, voir peut-être trop, je conseille d'écouter quelques podcasts de ces émissions de l'année dernière, un régal. Merci d'avoir écouté cet interview. Il manque la dernière séquence, j'ai un problème de stockage à régler.
Je n'ai écouté - pour le moment - que la moitié des bandes enregistrées. Cependant, je peux dire que je suis content de constater que cet entretien te révèle davantage à nous. Bel exercice qu'un entretien oral.
Je suis en train de réfléchir à un éventuel déplacement sur Paris le lundi 31 octobre pour la soirée dont tu as fait une belle promotion. Je te ferai signe quand je serai fixé. J'ai le tort de ne pas savoir m'engager très lontemps à l'avance.
Merci pour cette délicieuse et passionnante discussion que j'ai écoutée jusqu'au bout.
Vraiment trop court à mon goût !!!
Françoise a parfaitmt raison : c'est extrêmemt agréable de vs écouter aussi bien toi qu'Anathasie qui est, elle aussi, une vraie passionnée des mots.
Contenu dense, riche et varié à l'image de l'Afropéen ou Nègre occidental que tu es.
A écouter et à réécouter, à faire écouter et réécouter sans modération... notamment aux jeunes, comme tu le dis si bien.
Aïssatou
Merci Cher St-Ralph,
Venant de toi, et sachant ton regard très critique, c'est un véritable compliment. Concernant la rencontre du 31 octobre, ce serait génial que tu sois présent, même si j'imagine ce que cela peut représenter un tel déplacement pour toi qui vient de si loin. J'espère que tu éprouveras autant de plaisir que Françoise qui fit le déplacement depuis son bastion celte :-)
Chère Aïssatou, Merci pour tes mots qui me gonfle le moral. Lol comme disent les djeuns. Nègre occidental, français noir, afropéen, Africain de France, je m'y perds. Je suis Gangoueus, une syncrétisme de ces deux réalités africaine et française, et voir plus quand je pense à New York Police Judiciaire dont je ne loupe pas épisode. Mais attention, dans le syncrétisme, il y a parfois une dégradation des identités initiales...
"Nègre occidental" et "Afropéen", j'aurais dû écrire ces mots entre guillemets car ce st tes mots à toi ou ceux d'Anasthasie (je ne m'en souviens plus) que j'ai repris. C'est la première fois que je les emploie, ils ne figurent pas ds mon bagage lexical.
Tu t'es présenté, à un moment donné, comme un "Français d'origine africaine", expression qui me surprend chaque fois que je l'entends tout comme "Français noir" d'ailleurs. Je pense préférer "Africain de France" mais en tout état de cause, je ne me présente jamais, moi, par l'une de ces expressions, je me présente en tant qu'Aïssatou et accessoirement AFRICAINE tout simplement et seulmt qd on me pose la question (et encore! je ne réponds pas systématiqumt, surtout qd ça tombe comme un cheveu ds la soupe). Qd on discute avec moi, on comprend de suite que j'habite la France comme la France m'habite, je n'éprouve pas le besoin de dire ce qui se voit et/ou s'entend. Ca coule de source pour qui sait voir, entendre, sentir...
En fait, je suis très embarrassée par tous ces mots qui, souvent, viennent des autres pour nous définir et que l'on s'approprie sans prendre le temps de s'interroger sur le sens et l'enjeu de ces mots. Il y a qqs exceptions comme "nègre occidental" et "afropéen", le 1er serait emprunté à Dany Laferrière et le 2ème à Léonora Mioano, c'est bien ça ?
Toi-même, tu écris que tu t'y perds. Le but non avoué et non avouable de l'émergence et de la diffusion de ts ces mots pour ns définir ne serait-il pas justement de nous perdre, de ns embrouiller au point de ne plus savoir qui on est vraiment ? Existe-t-il autant de termes pour définir le Blanc ? C'est l'une des questions politiquement incorrecte que soulève, avec pertinence, l'Antillaise Souria Adèle ds son excellent spectacle "Marie-Thérèse, Négresse de France". Le Chinois installé à Douala depuis longtemps et qui parle français avec l'accent camerounais se présente-t-il comme un Camerounais d'origine chinoise ?
La dernière expression en date, si je suis bien à jour, ce sont les Français "issus de la diversité" ou un truc de ce genre. Les "Français de souche" seraient donc issus de l'homogénéité ??? Moi, je suis sûre d'une chose, c'est que je suis issue de mon père et de ma mère.
Voilà ce que m'a inspiré le problème de la question identitaire chez l'Africain résidant ds un pays occidental
Aïssatou
On assiste d'ailleurs au même phénomène pour définir la littérature écrite par des Africains (ou qui parle d’Africains et/ou d’Afrique), depuis la littérature coloniale, exotique, nègre jusqu'à la littérature migrante, la littérature d'exil en passant par la littérature francophone au singulier puis au pluriel, la littérature africaine au singulier puis au pluriel, les littératures africaines d'expression française, la littérature étrangère, j'en passe et des meilleures. Et à l'opposé, on parle tout simplement et tout naturellement de "littérature française". Il est intéressant de noter que les catégories varient d’une librairie à une autre. C’est dc un vrai casse-tête chinois ou plutôt africain qd on est pressé et qu’on veut trouver le dernier bb d’un auteur africain.
Idem pour la musique : il y a la « world music » d’un côté et de l’autre, la « musique d’un autre monde » ??? Bref, ces étiquettes st plus que fatigantes. Une façon de résister est tout simplement de ne pas les employer.
A cet égard, le concept de "littérature-monde" qui a vu le jour en 2007 mérite qu'on s'y intéresse de plus près.
Il me semble, Cher Réassi, pour revenir, à ce très bel échange entre Anasthasie et toi, que tu n'as pas répondu à l'une de ses questions : "Quel est le premier livre écrit par une femme que tu as lu et qui t'a marqué". Elle est passée à une autre question pour te laisser le temps de réfléchir mais vs avez, sans doute, dû oublier d'y revenir à moins que ça ne m'ait échappé car tu as parlé de nombreuses écrivaines (Fatou Diome, Ken Bugul, Mariama Bâ, Khadi Hane).
Merci d'avance pour la réponse.
Enfin, j'ai une petite suggestion à te faire : tu devrais te rendre au Sénégal puis au Bénin pour discuter, échanger autour de la littérature avec toutes ces personnes très nombreuses qui te lisent régulièrement ds ces 2 pays car tu as une qualité énorme : non seulement tu es un vrai passionné de littérature mais tu sais transmettre cette passion et tu sais donner envie de lire les livres que tu présentes car tu y mets de la vie, du coeur et beaucoup de sensibilité tout en sachant garder la distance nécessaire.
Je t'invite à y penser très sérieusement, pas pour toi, mais pour tous ces jeunes Africains que tu vas ouvrir davantage au monde, qui vont faire de merveilleuses rencontres, qui vont voyager grâce à toi comme a voyagé ds le monde entier l'instituteur de "Verre Cassé" grâce à tous ces livres qu'il a lus sans jamais quitter son Congo natal.
Merci encore pour ce très bel échange entre Anasthasie et toi, dont je ne me lasse pas.
Une autre suggestion : tu devrais faire de la radio car ta voix s'y prête parfaitement, chaude et rassurante... Vs formeriez un parfait binôme, Anasthasie et toi.
François Busnel, Frédéric Ferney, Yvan Amar, Paula Jacques, Pascal Paradou et qqs autres journalistes culturels n'ont qu'à bien se tenir...
Aïssatou
A quand la dernière séquence ?
Calixthe Beyala parle, elle, d'Africains-français ou de Français d'origine africaine, si je m'en tiens au mouvement qu'elle a lancé cette année (le MAF)...
Bonjour Aïssatou,
Je vois qu'il y a une violence pour toi à te définir comme française. C'est une posture que je comprends et qui est intéressante.
Nègre occidental? C'est un concept que j'ai tiré de Comment faire l'Amour à un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière, une sorte de manuel de vulgarisation de Fanon en version fun.
Il faut comprendre que pour moi cette formule a quelque chose de passionnant. Pour beaucoup d'occidentaux, il y a longtemps eu une incompatibilité entre ce nom et cet adjectif qualificatif. De mon point de vue, il est une conséquence de noir américain. Sauf, que je me suis toujours demander pourquoi Arthur Ashe était appelé noir américain par des journalistes français, alors sa couleur de peau était une évidence.
Noir américain est comme une réalité qu'il a fallu imposer au forceps.
Pour Laferrière, dans les années 80, cette combinaison coule de source. On peut être nègre et occidental. Ou nègre et formaté par le modèle, les valeurs occidentales. C'est joliment exprimé, j'ai gardé cette expression.
Le concept d'Afropéen est un peu différent. Il est certes un mélange d'africain et européen, mais il porte en lui une forme de diktat. Un renvoi obligatoire à l'Afrique. Le nègre occidental peut se défaire de son occidentalité s'il le souhaite et choisir d'être africain. Il est né en Occident, il a grandi dans ces valeurs occidentales uniquement (si ces parents se sont parfaitement intégrés), il ne connait pas l'Afrique. Seule sa peau peut le trahir.
Dans Afropéen, il y a l'idée consciente ou inconsciente qu'un noir ne sera jamais un européen. Il est forcément un métis culturel. Hors certains noirs de France, comme Antoine (Ces âmes chagrines) choisissent de n'avoir aucune connexion avec l'Afrique. C'est un choix possible et respectable. La désignation afropéen empêche cette option.
Chère Aïssatou,
Anasthasie Tudieshe fonctionne superbement bien. Et son talent va lui permettre d'évoluer vers les stratosphère sde son activité. C'est tout le bien que je lui souhaite.
De mon point de vue, ce fut une rencontre passionnante.
Concernant la question du premier livre de femme m'ayant interpelé, je ne comprends pas pourquoi la question te parait importante. Mais, en fait la réponse est évidente : Toni Morrison. Je me demande comment j'ai eu un trou sur le sujet. Si ce blog existe c'est à cause de Toni Morrison. Et je réalise que c'était une superbe perche tendue pour que je puisse exprimer ma relation avec la lauréate du Prix Nobel de littérature 1993. Pense, chère Aïssatou, que j'ai lu tous ses livres traduits. Elle est la seule auteure (et auteur tout court) dont je me procure la nouvelle publication sans me poser de question. Et je suis rarement déçu. Il faut comprendre qu'un Prix Nobel peut être un piège, car il faut tenir le niveau d'exigence d'un tel prix. L'américaine est toujours au top. Son dernier roman Un don est un bijou tant sur le fond, que dans la construction d'une texte avec une polyphonie efficace et une plongée dans l'Amérique des origines...
Je note ta proposition. On formera une association pour arriver à cette fin :-). Sérieux.
La dernière séquence? Dès que j'ai un peu de temps. Je manque de temps ces jours ci. J'ai au moins deux chroniques qui attendent d'être publiées. Un roman de femme, une peule, Muriel Diallo.
Faut pas me mélanger avec Calixte... Lol.
Gangoueus, c'est bien de t'entendre t'exprimer sur la naissance de ton blog, les romans dont tu parles, ce qui te pousse a choisir tel ou tel autre roman, et de voir que tu as une grande passion pour les litteratures. Anasthasie a fait preuve d'un grand professionnalisme dans sa maniere de te poser les questions, et te relancer quand il le faut. Deux talents se faisaient face durant cette emission. C'etait bien de vous entendre echanger sur nos litteratures. Prions que ces litteratures soient vraiment lues sur le continent africain, pas seulement par les etudiants en lettres ou les journalistes specialistes de la culture, mais par un plus grand nombre. Felicitations a toi et Anasthasie pour ces echanges tres interessants sur l'etat actuel des litteratures africaines.
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