jeudi 28 janvier 2010

Jorus Mabiala : Si La Fontaine parlait africain

Le lecteur peut être certain d’une chose, Jorus Mabiala a le sens de l’humour. L’anecdote très drôle d’un Jean de la Fontaine entreprenant un dialogue avec des congolais sur la fameuse fable de la cigale et de la fourmi et le détournement proposé de cette dernière, est savoureuse et elle fera rire sous de nombreuses chaumières.


Mais je brûle les étapes. Jorus Mabiala est un conteur congolais installé dans le sud-ouest de la France. Il vient de publier un recueil de contes aux éditions Acoria.

Ces contes semblent portés par l’espièglerie de Mabiala qui reprend ce genre pour s’adresser tant aux plus petits qu’aux plus grands. A l’instar de l’histoire de ce môme qui refuse tout contact avec le sol. Elle offre de nombreuses interprétations sur sa conclusion et sur les moyens dont use sa tendre mère pour résoudre ce problème. Sans trop en dire sur ce conte assez court, la mère conduit son rejeton chez le nganga (entendez par là, le féticheur) pour trouver une solution. Et ce n’est pas la litanie de proverbes tous aussi profonds les uns que les autres que maugrée notre devin comme des incantations, qui délivreront notre bambin de sa frousse d’atterrir. On a le sentiment, que l’air de rien, Jorus Mabiala porte un regard critique sur cette tradition orale dont il semble connaître quelques méandres et limites. On retrouve cette approche dans d’autres contes.

Ces contes sont assez inégaux dans leur traitement, dans leur chute, dans la morale qu’ils incarnent à l’instar du conte de la tortue et du python. En contre exemple, la réflexion qu’offre le conte du roi des cerfs est d’une richesse intéressante avec une conclusion quelque peu décalée dans sa forme mais édifiante dans son fond.

Le propos de Jorus Mabiala est accessible pour tous. Il emprunte quelques mots à la langue kongo pour africaniser son discours, histoire que La Fontaine ne le comprenne pas. Mais ça passe comme une lettre à la poste pour le lecteur lambda, et c’est original.

Pour terminer, j’accorde une mention « Très Bien » aux illustrations de Pierre Audemard qui complètent à merveille les textes de Jorus Mabiala et font de cet ouvrage, un objet à offrir aux enfants qui vous entourent.

Amusez-vous bien !



Jorus Mabiala, Si La Fontaine parlait africain
Editions Acoria, 47 pages, 1ère parution en 2009

lundi 25 janvier 2010

GRADHIVA - Présence Africaine, Les conditions noires : Une généalogie des discours

Je ne me souviens plus de ce qui m’a fait courir chez Présence Africaine, lorsque je me suis installé il y a quelques années en région parisienne. Il est certain que cette maison d’édition ne m’était pas étrangère lorsque l’on considère que, quelques uns des bouquins qui sommeillaient dans la bibliothèque de mes parents étaient des productions de cette fameuse maison d’édition. Sans compter mes premiers classiques africains piochés au CCF de Brazzaville… Malgré la modestie de cette librairie du quartier latin, le lecteur que je suis, a - à chaque fois - été et est encore impressionné par l’atmosphère du lieu. On sent vraiment qu’une partie de l’histoire de nombreux peuples africains s’est écrite dans ce lieu. Un lieu chargé. Les photos des plus grands auteurs publiés par cette maison sont là pour rappeler le poids de cet espace. Gontran-Damas, Senghor, Césaire, Achebe, Bhêly-Quenum, Tchicaya U Tam’si pour les débuts de l’épopée, Mabanckou, Tadjo, Bugul ou Biyaoula pour les plus récents…

Le Musée Quai Branly fait la fête à cette institution de la littérature du 10 Novembre 2009 au 30 Janvier 2010 en lui consacrant une exposition « Présence africaine, une tribune, un mouvement, un réseau ». Et j’ai eu l’immense plaisir d’avoir entre les mains le numéro spécial de la revue Gradhiva publié à l’occasion de cette exposition et intitulé « Présence Africaine, les conditions noires : une généalogie des discours ».

Je commencerai par dire que je me suis régalé à la lecture de cet ouvrage collectif. Tant par la qualité des articles, leur imbrication qui de fil en aiguille constitue une sorte d’arbre généalogique des différents discours nègres produit en Occident depuis le 18ème siècle et la place considérable que Présence africaine, en tant que revue littéraire, maison d’édition et librairie, a occupé pour apporter un écho à ces différentes voix. C’est un vibrant hommage qui est rendu à l’homme de culture sénégalais Alioune Diop qui, s’appuyant le dynamisme des littératures noires d’Outre-Atlantique de l’entre-deux-guerres, et constatant l’échec des mouvements politiques noirs en métropole durant cette période. Diop alors, entreprend de tisser un réseau d’hommes de culture africains, antillais, malgaches et afro-américains tout en se liant aux avant-gardistes français sur la question coloniale et la reconnaissance des cultures noires longtemps bafoués. On pense à Sartre, à Camus, à Balandier.

En 1947, Alioune Diop crée la revue Présence Africaine qui sera la tribune des auteurs de la négritude tels que Senghor, Césaire, Gontran-Damas. En 1956 le SAC (la Société Africaine de Culture) voit le jour avec entre autres objectifs de l’organisation du 2ème congrès des écrivains et artistes noirs. On pourrait s’étendre sur la création de la maison d’édition également.

Mais le véritable enjeu de cette revue excellente est de resituer le contexte du discours nègre au moment de la création de cette revue, de voir se construire cette littérature noire s’émancipant progressivement de la littérature coloniale, ces différents auteurs se lançant à l’assaut des maisons d’édition française, ou encore le caractère transnational de cette initiative qui ne peut se comprendre qu’une fois immergé dans ce contexte nauséeux de cette époque où l’identité noire était foulée méthodiquement. Les témoignages de René Depestre, Daniel Maximin ou encore Georges Balandier nous permettent de nous imprégner de cette atmosphère, de cette Sorbonne noire que constituait les espaces de réflexion africaine. L’intelligence de cet ouvrage est de restituer également une polémique entre l'écrivain afro-américain Ralph W. Ellison - auteur du fameux Homme invisible, pour qui chantes-tu? - qui a toujours refusé les invitations d’Alioune Diop, à l’universitaire américain Stanley Hyman sur la thématique passionnante autour du rapport entre la littérature afro-américaine et la tradition folklorique.

En achevant cet ouvrage, que je recommande évidemment, je cerne cette ambiance que je retrouve mieux chaque fois que je passe au 25 bis rue des écoles dans le 5ème arrondissement, dans cette petite librairie chargée d’histoire.
Bonne lecture !

Achtung !

A l’occasion de l’exposition Présence Africaine, le musée du quai Branly, en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France, propose un colloque international réunissant auteurs, éditeurs, critiques et spécialistes de la littérature sur « les littératures noires » contemporaines qui aura lieu sur deux jours à partir de ce vendredi 29 Janvier 2010.

Vendredi 29 janvier
Bibliothèque Nationale de France
Petit Auditorium 9h15 – 19h


Samedi 30 janvier
Musée du quai Branly
Théâtre Claude Lévi-Strauss 9h15 – 19h
Voir le programme détaillé de ces rencontres ici


(Source Photo Librairie : www.presenceafricaine.com)

dimanche 17 janvier 2010

Tremblement de terre en Ayiti

Photo: American Red Cross/Talia Frenkel

Les mots me manquent à certains moments. Dans ces cas là, la sagesse recommande de se taire. Mais voilà, c’est Haïti. Ayiti. Ce sont ces images effroyables qui me poussent à l’ouvrir. Ces quartiers entiers qui se sont effondrés comme souvent la marée effaçait les châteaux de sable bâtis par des petites mains d’architectes en herbe. Ces cadavres qui jonchent les rues. Ce palais présidentiel amputé de son dôme. Tout en Haïti semble être une affaire de symbole. Et ce tremblement de terre prend la forme d’une métaphore de ce qu’est Haïti depuis quelques décennies : un pays sinistré par des années de cyclones, de corruption, de déstabilisation politique, d’embargo économique. Certains y voient une forme de malédiction, mais c’est une très grave erreur d’appréciation qui s’appuie sur une lecture courte et incomplète de l’histoire de ce pays.

Je n’ai jamais voyagé en Haïti. Du moins physiquement. Mais dès la classe de quatrième, j’ai été sensibilisé dans le cadre du cours d’histoire à la question d’Haïti, premier état noir ayant acquis son indépendance à la barbe des troupes napoléoniennes. Une première excursion qui allait être suivie quelques années plus tard par la découverte de mon premier roman haïtien, Les gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. Rencontre non fortuite puisque ce texte fut souvent joué à Brazzaville au théâtre. Stimulant la curiosité du lecteur. C’est donc par la terre des mornes, par la paysannerie haïtienne que j’ai atterri là-bas, avec Manuel. Le drame écologique de cette île était déjà un enjeu majeur.

Depuis, j’ai fait plusieurs expéditions littéraires vers cette île, dans le passé avec Evelyne Trouillot, au cœur de l’esclavage et du climat de terreur dans lequel vivaient les propriétaires terriens blancs à l’époque de Makandal, ou encore avec Aimé Césaire homme passionné et marqué par la figure quasi mythique de Toussaint Louverture. Dans son analyse des débats autour du fait colonial pendant la révolution française, le poète martiniquais, ici essayiste, fourni une très belle analyse des rapports tourmentés entre la France et les différents protagonistes du système colonial, Saint-Domingue étant la perle de l’Empire français de l’époque. Césaire conduit son lecteur, sans vraiment prendre partie, dans la structuration progressive du mouvement d’indépendance d’Haïti sous la férule de Toussaint Louverture.

D’autres pérégrinations se sont réalisées dans des périodes plus récentes, en Ayiti avec René Depestre par exemple du côté de Jacmel, ou avec Gary Victor et ses terribles histoires vodouisantes. Avec Dany Laferrière et son regard porté de l’extérieur comme avec ses deux étudiants haïtiens un peu délurés de Montréal dans le roman qui l’a révélé au grand public, un regard plus nostalgique dans L’odeur de café ou encore avec Lyonel Trouillot et son approche beaucoup plus intimiste…

Les auteurs sont nombreux. Je suis parfois surpris qu’une petite île ait pu engendrer autant d’écrivains aussi originaux les uns que les autres et qui, au travers d’une forme d’embargo culturel, semble être ignorés dans le giron des lettres d’expression française. C’est un sentiment. Une grand-messe (Le festival étonnant voyageur) a regroupé la plupart des romanciers haïtiens au moment où cette catastrophe s’est abattue sur Port-aux-Princes.

Dans l’horreur des images, le scandale des corps sans vie exhibés par les caméras indécentes des médias occidentaux – situation étonnante puisque pour le Tsunami, ou le 11 septembre 2001, le spectateur a été épargné de ce genre d’image, comme si le corps d’un nègre pouvait être exhibé sans vergogne – dans la folie de cette nature qui a dévasté de nouveau cette île, il faut croire que le génie des écrivains haïtiens aidera à la reconstruction de cette capitale. Reconstruction matérielle, mais surtout reconstruction mentale d’hommes et de femmes qui en auront besoin pour l’avenir. C’est ma prière. La littérature m’a rapproché de ce peuple, en dehors du fait que je compte des amis parmi les haïtiens.



Photo: American Red Cross/Talia Frenkel


Il est question de 200.000 morts. Sur une population de 10 millions, c’est tout simplement monstrueux. La plus grave catastrophe de ces 20 dernières années.


Photo: IFRC/Eric Quintero


Malgré les difficultés techniques liées à l’acheminement de l’aide humanitaire, mobilisons-nous et envoyons nos dons aux ONG suivantes :











Ou encore l'association de Wyclef Jean, Yele.org
Que Dieu bénisse Haïti.

lundi 11 janvier 2010

Robert Dussey : L'Afrique malade de ses hommes politiques


Quand le modeste lecteur que je suis, a eu l’essai de Robert Dussey entre les mains, je me suis exclamé : « whaou ! Quelle évidence ! ». Je me suis ensuite dit « voilà un auteur courageux qui a décidé de prendre le taureau par les cornes et de le soumettre à la force puissante de ses avant-bras ». Pour une fois, on allait avoir droit à une analyse pertinente des causes endogènes de l’échec de tout un continent.

Pourquoi l’Afrique est-elle malade de ses hommes politiques ? Comment l’extraire de ses prédateurs affamés qui tiennent les rênes du pouvoir? Existe-t-il une alternance crédible ayant intégré l’idée que le pouvoir est avant une notion de service ? Quel modèle, quelle structure constitutionnelle protègerait le mieux le citoyen africain de la rapacité de ces leaders politiques ? Quelle part prend la culture traditionnelle africaine dans la faillite de ses élites ? Pourquoi les élites reproduisent elles à l’infini, les échecs de leurs aînés confrontés à la Traite négrière ? Quelles sont les leçons qui n’ont pas été tirées des erreurs du passé ? Voilà les questions dont mon esprit s’attendait à voir le traitement dans cet essai.

Et puis le docteur Robert Dussey, enseignant à l’université du Togo sait de quoi il parle puisqu’il côtoie de près tous les jours Faure Gnassingbé, président du Togo, en tant que conseiller diplomatique.

Beaucoup d’espérance en ouvrant les premières pages de ce livre. Et j’ai appris beaucoup de chose. Que je savais déjà. L’Afrique subsaharienne est moribonde. Morte même selon l’auteur. Mort politique. Mort socio-économique et culturelle. L’auteur doit partager ma foi évangélique, car après avoir procédé à une autopsie complète de la dépouille de notre continent, il nous oppose une résurrection de cet espace en proposant à cette communauté négro-africaine de s’extraire de l’ignorance, de la crise, et de la pauvreté … et de construire la paix.

Robert Dussey produit là un ouvrage intéressant, où il fait preuve de beaucoup de lucidité dans l’analyse de l’état actuel de l’Afrique. Une analyse minutieuse (peut-être trop minutieuse, parfois répétitive) d’une situation catastrophique dans quasiment tous les secteurs socioculturels, économiques, politiques.

Mais on a envie, j’ai envie de lui reprocher tous ces titres erronés. A l’instar de cette mort politique de l’Afrique qu’il s’emploie à démontrer comme si l’Afrique était née politiquement un jour. Il le dit lui-même assez bien d’ailleurs :

« Ainsi l’indépendance devrait servir à installer au pouvoir des dirigeants taillés sur mesure. Un objectif atteint sans coup férir. Les pays africains nouvellement indépendants ont hérité de frontières coloniales, et du même coup, les problèmes qu’elles entraînent pour leur intégrité territoriale et leur désir d’unité nationale. La quasi-totalité des territoires indépendants sont en effet des pseudo-états sans consistance et tout juste fiers de disposer des oripeaux de la souveraineté que sont le drapeau, l’hymne national, des représentations diplomatiques de façade, les sceaux, etc.» page 49, édition Jean Picollec.


La question qui vient naturellement à l’esprit est celle de savoir comment, par quel système les peuples africains peuvent-ils se débarrasser de ces hommes politiques parachutés par Paris, Londres dans les capitales du continent.

Ayant fait ce constat, le lecteur que je suis est quelque peu atterré de voir que l’auteur est surpris par l’échec de l’OUA, de l’UA et de toutes formes de projets panafricains. Si l’impératif d’unité et de rassemblement est indispensable, on a du mal à l’imaginer avec les marionnettes de Paris, Londres qui dirigent ces états, se battre pour un projet qui desserre les puissances qui commanditent leurs pouvoirs. On s’attendait d’ailleurs à ce que l’auteur face le constat que les aires géographiques du continent où les projets de marché économique les plus avancés se retrouvent dans ces espaces où les intérêts parisiens, londoniens sont moins importants comme en Afrique sahélienne.

Un autre aspect qui m’a laissé songeur est celui de la structure idéale dans laquelle devrait évoluer nos politiques. Robert Dussey n’a que la démocratie au coin des lèvres, unique modèle respectant l’homme dans son intégrité. Et il a sûrement raison. Ce n’est pas moi qui vais prôner des dictatures à la tête des états subsahariens. Cependant, ce que les expériences des années 90 ont révélé, c’est l’émergence d’un multipartisme ethnique dont les hommes politiques les plus intègres de notre continent sont otages. On fait comment ? C’est la réalité de la plupart de ces états africains qui ne sont pas des nations. Ce type de modèle ne peut dans le contexte actuel produire de méritocratie, vu que c’est d’abord le parent que l’on vote, voleur ou pas.

Le plus grand tort de ces ouvrages qui traitent de l’Afrique de manière globale, est de ne pas s’appuyer sur l’expérience des états et de porter des points de vue qui me paraissent trop généraux. On aurait aimé une application au cas du Togo. J’aurai aimé.

Ce texte offre néanmoins une réflexion intéressante à son lecteur. Il est sombre, très pessimiste. Mais c’est un diagnostic qui mérite le détour, malgré les questions qu’il laisse en suspens. Faites-vous votre idée.

Robert Dussey, L’Afrique malade de ses hommes politiques
Edition Jean Picollec, 252 pages, 1ère parution 2008
Un interview de Robert Dussey sur RFI. J'adore la conclusion de cet interview.

jeudi 7 janvier 2010

Sony Labou Tansi : Le point-virgule, à Viry-Châtillon


J’ai découvert Sony Labou Tansi sur le tard. Je parle de l’œuvre de cet auteur. Beaucoup, vous parleront de cet auteur avec assurance sans avoir lu une seule ligne de celui-ci, à défaut d’avoir assisté à une de ses pièces de théâtre. J’ai rencontré personnellement cet auteur congolais sur le tard. L’adage dit « Mieux vaut tard que jamais », et cela est au bénéfice des lecteurs de ce blog puisque les romans que j’ai pu lire de lui sont pour la plupart chroniqués ici. J’ai souvent évoqué son écriture où, le lecteur que je suis a le sentiment que le dramaturge semble dominer sur le romancier, quand justement l’écrivain s’attelle au roman.


Aussi, cela a été passionnant pour moi de voir l’interprétation de la pièce Le point-virgule par le comédien congolais Jean-Félhyt Kimbirima au Théâtre de l’Envol à Viry-Châtillon (en Essonne). Pièce que le chercheur Nicolas Martin-Granel a extrait des notes du dramaturge disparu en 1994.


Il a fallu pour cela affronter les températures hivernales, l’éloignement de ce théâtre, la fatigue des fêtes de fin d’année. Mais au final, dans une salle quasi comble, et une voix de Sony Labou Tansi qui s’est magnifiquement incarnée dans la personne de Jean-Félhyt Kimbirima qui a assuré seul, cette prestation scénique, au final j'ai passé un très bon moment.


Mais de quoi parle-t-on ?


Zenouka, le commandant Zenouka est un cancre. Il a fait le désespoir de toute une génération d’enseignant. Mais notre homme a réussi à intégrer une milice. Et il lui a été confié la charge de faire exécuter un colonel félon du nom de Adinonzo. L’occasion est trop belle pour notre Zenouka d’humilier ce haut gradé déchu, et d’affirmer tout le pouvoir qu’il possède sur la vie de ce dernier qu’il va réduire à néant. C’est sans compter sur la perversité de l’officier supérieur qui ne se laisse pas démonter et place une bombe à retardement dans la cervelle notre commandant infortuné.


Jean-Félhyt Kimbirima incarne avec brio les différentes voix de Zenouka, du colonel Adinonso, ou encore et avec beaucoup d’humour, celle de l’épouse de Zénouka. Les passages d’un personnage à un autre sont parfaitement réalisés, et le spectateur ne s’ennuie pas. Loin de la politique, Sony Labou Tansi désosse les assurances de Zénouka, déstabilise le prédateur et le réduit à l’état de zombie. La sexualité prend une dimension importante dans cette pièce pour mieux rendre palpable la déchéance du personnage principal. Cette sexualité si présente dans l’œuvre romanesque de Sony Labou Tansi. Le déroulement de la pièce n’est pas linéaire. La construction de cette dernière s’appuie sur de nombreux flashbacks parfois déroutants. Et voilà que pendant le déroulement de la pièce, il m’est subitement venu à l’esprit : « c’est marrant, cette pièce aurait fait un très bon roman ! ».


Finalement, à quoi joues-tu Sony ?


Sony Labou Tansi, Le point-virgule
Mise en scène et interprétée par Jean-Félhyt Kimbirima (en photo)

vendredi 1 janvier 2010

BUANANA 2010 !

C'est la version congolaise du fameux Bonne Année 2010. La vie est rarement un long fleuve tranquille. Les textes dans lesquels nous nous plongeons à longueur de soirée ou dans les transports en commun franciliens, nous le révèlent suffisamment. Et puis, entre nous, pas besoin d'avoir lu Shakespeare pour faire une telle réflexion. Je meuble.





Mais à l'instar de ce navire sur un lac d'Amérique du Nord, puis-je vous souhaiter pour ce nouvel an, une navigation apaisée avec le vent nécessaire pour faire avancer votre barque mais sans les excès d'une mer houleuse. Et, pour être complet, à supposer qu'un typhon se dresse sur votre parcours, puissiez-vous avoir la force et l'opiniâtreté du capitaine Mac Whirr (personnage central de Typhon) pour affronter avec brio les éléments.



Encore une fois, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010 et de très bonnes lectures!