Nous sommes dans les années 70 en république populaire du Congo, du coté de Pointe-Noire, la capitale économique de ce pays. C'est un régime marxiste-léniniste qui s'applique. Michel a entre neuf et dix ans. Il est le fils unique de maman Pauline et il fait partie de la grande famille de papa Roger qui l'a choisi pour fils.
Son oncle René est un marxiste exalté donnant une place importante à Marx, Engels et Lénine dans son salon et qui n'hésite pas en parallèle à spolier son entourage familial de tous les biens matériels issus des héritages successifs.
Michel nous conte les personnages hauts en couleur de son enfance dans un quartier populaire de Pointe-Noire et l'apprentissage de la vie d'un mome. Par l'amitié de Lounès, le fils du tailleur du quartier. Par l'amour de Caroline, la soeur de Lounès. Par la rivalité de Mabélé, un prétendant de Caroline, footballeur, castagneur et lecteur de Marcel Pagnol. Par le sens des responsabilités de papa Roger. Par la folie de Petit Piment, qui fut dans un autre vie un étudiant en philosophie et un cadre d'entreprise. Par la détresse de sa mère dans son désir de concevoir d'autres enfants. Par maman Martine, sa deuxième mère...
Ce que le regard de Michel restitue, c'est à la fois l'atmosphère de ce quartier, l'ambiance d'une époque où etre traité de "capitalistes!" ou "impérialistes!" au Congo était la pire des insultes. Mais Alain Mabanckou brosse également par les nouvelles que papa Roger écoute de La voix de l'Amerique, les hauts faits de l'actualité internationale de l'époque, comme les frasques d'Idi Amin Dada, la chute et les pérégrinations du Chah d'Iran, la neutralisation de Jacques Mesrine ou les otages du Liban...

Je trouve très interessant la manière avec laquelle il rappelle combien cette actualité façonne l'imaginaire de la jeunesse de ce que l'on appelait le Tiers monde. Michel écoute avec la meme attention que son père, ce poste radio ainsi que les interprétations passionnées de papa Roger.
Ce roman alterne à la fois entre la réalité de ce que Michel voit autour de lui et cette intrusion du lointain.
Mabanckou utilise une écriture qui permet d'exprimer le ressenti de Michel, de mieux rentrer dans l'imaginaire en gestation de cet enfant. De comprendre ses mécanismes de défense face l'absurdité des choix des adultes ou encore dans une lutte féroce pour gagner le coeur d'une fille. Par les mots plutot qur par les poings.
L'interet de ce roman réside dans ces petites étincelles d'émotion que nous transmet Michel, dans son désir d'etre accepté et d'etre aimé.
Pour terminer, il est difficile d'évoquer un texte du romancier congolais sans les références littéraires qu'il sème avec extase dans ses livres. Il y a en une qui traverse tout l'ouvrage : celle à Arthur Rimbaud. dont le visage sourit à Michel. C'est assez amusant de voir cet enfant se débattre pour tenter de rentrer et comprendre un texte de ce poete.
Un roman qui m'a replongé dans une époque où je revais d'avoir 20 ans jour. Ce titre, Demain j'aurai vingt ans, est inspiré d'un vers de Tchicaya U Tam'si, celui qu'on appelait aussi le Rimbaud noir. Un très beau roman.
Alain Mabanckou, Demain j'aurai vingt ans
Editions Gallimard, 382 pages, paru le 19 aout 2010
Photo - Crédit C. Blache
Ce roman alterne à la fois entre la réalité de ce que Michel voit autour de lui et cette intrusion du lointain.
Mabanckou utilise une écriture qui permet d'exprimer le ressenti de Michel, de mieux rentrer dans l'imaginaire en gestation de cet enfant. De comprendre ses mécanismes de défense face l'absurdité des choix des adultes ou encore dans une lutte féroce pour gagner le coeur d'une fille. Par les mots plutot qur par les poings.
L'interet de ce roman réside dans ces petites étincelles d'émotion que nous transmet Michel, dans son désir d'etre accepté et d'etre aimé.
Pour terminer, il est difficile d'évoquer un texte du romancier congolais sans les références littéraires qu'il sème avec extase dans ses livres. Il y a en une qui traverse tout l'ouvrage : celle à Arthur Rimbaud. dont le visage sourit à Michel. C'est assez amusant de voir cet enfant se débattre pour tenter de rentrer et comprendre un texte de ce poete.
Un roman qui m'a replongé dans une époque où je revais d'avoir 20 ans jour. Ce titre, Demain j'aurai vingt ans, est inspiré d'un vers de Tchicaya U Tam'si, celui qu'on appelait aussi le Rimbaud noir. Un très beau roman.
A table, chez tonton René, on me fait asseoir à la mauvaise place, juste en face d'un vieux Blanc qui s'appelle Lénine et qui n'arrete pas de me regarder alors que moi, je ne le connais pas et que lui ne me connait pas. Moi aussi, comme je ne suis pas d'accord qu'un vieux Blanc qui ne me connait pas me regarde méchamment, eh bien je le regarde droit dans les yeux. Je sais que c'est impoli de regarder les grandes personnes droit dans les yeux, c'est pour ça que je regarde en cachette sinon mon oncle va s'énerver et me dire que je manque de respect à son Lénine que le monde entier admire.Page 16, Editions Gallimard
Alain Mabanckou, Demain j'aurai vingt ans
Editions Gallimard, 382 pages, paru le 19 aout 2010
Photo - Crédit C. Blache































42 commentaires:
Une fois de plus Alain
Mabanckou nous livre un excellent roman,plein d'émotions !finalement on s'aperçoit que la vie d'un petit congolais dans les années 70 ne diffère pas beaucoup de celle d'un petit français vivant dans un quartier populaire , l'enfance est universelle !leurs rêves sont les même, leurs relations avec leurs amis et leurs parents aussi, je ne suis pas sûre que ce soit le cas aujourd'hui .Ce qui m'a interpellée dans ce roman, c'est l'ouverture au monde extérieur, par le biais de la radio, qui permet au petit Michel de connaitre ce qui se passe dans les pays africains et en France .Pour ma part, enfant, je ne connaissais rien de ce qui se passait en Afrique, et j'aurais été bien incapable de situer le Congo sur une carte ni de citer le nom de son dirigeant !la télévision, puisque c'était ça le lien avec le monde, jouait vraiment le même rôle de regroupement familial, mais plutôt pour le divertissement .
La question que je ne peux m'empêcher de me poser, c'est de vouloir connaitre la part autobiographique et la part de fiction .Qu'importe ! cela ne change rien au talent de Mabanckou de pouvoir se mettre dans la peau d'un petit garçon rêveur et idéaliste, comme le sont tous les enfants du monde, et de nous le faire imaginer, ce petit garçon, avec ses interrogations sur le monde qui l'entoure .C'est bien là, comme dans les autres romans d'Alain, que ce livre donne au lecteur des clés pour qu'il s'interroge lui-même .
Je finirai en disant que, comme dans les romans précédents, il n'y a pas une minute d'ennui dans ce roman, le lecteur passe de la peine à la joie, l'optimisme général laisse plutôt le lecteur dans un sourire ...béat ! le style est comme toujours excellent, la maitrise parfaite !
bravo Alain, et merci .
Effectivement, dans sa diversité l'humanité est une dans son sa soif d'amour, dans sa détresse, dans sa solitude, dans les reves qu'un enfant comstruit. C'est cette unité qui lie la plupart des romans d'Alain Mabanckou.
Je suis heureux que tu te sois senti proche de ce petit Michel. Ayant vécu au Congo à partir de son age, il y a de nombreuses choses que j'ai retrouvé. Comme cette voix de la radio qui annonce le monde. Les jeunes congolais étaient nourris voir gavés d'informations venues de France et d'ailleurs. Cet aspect du roman est très très très juste.
La part d'Alain? la question qui agace les écrivains. Je pense qu'en nommant directement ces plus proches parents, il se livre beaucoup. Après...
J'ai eu l'occasion, peu avant sa parution, de lire quelques extraits de ce roman dans un numéro de "Jeune Afrique".Le récit d'un jeune garçon sur son monde, le Congo. Un roman qui aurait pu être, à mon sens, plus relevé, mais la langue prêtée à ce jeune Michel sensée retranscrire la faiblesse d'expression de ce dernier, plombe ce beau récit. Le style toujours le style...
Un roman en somme que lirai certainement à reculons...
C'est certain cher Maxime que les puristes de tout poil et les partisans d'une langue française classique vont raler, mais entre nous, ce n'est pas nouveau chez Mabanckou, c'est son style.
Tenez une faute récurrente des élèves d'école primaire congolais, que Michel répéte comme un forcené "c'est des mangues!" au lieu de "Ce sont des mangues!", on met ça sur le compte du style mabanckouien :o)
Un livre que je note pour cette rentrée littéraire, peut-être après ma première sélection :) Très envie de le découvrir.
Cher Gangoueus, merci de nous transmettre vos impressions sur ce nouvel opus, mais vous conviendrez que ce qui se conçoit bien s'exprime bien. je me suis permis de faire une recherche sur la critique de l'œuvre de Monsieur Mabanckou et je suis tombé sur ceci:
Sans doute Demain j'aurai vingt ans est-il le roman le plus ambitieux de l'auteur de Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006) - on ne résiste pas au plaisir de citer la première phrase : "Dans notre pays un chef doit être chauve et avoir un gros ventre." Mais si l'on peut saluer quelques morceaux de bravoure et une vision de l'Afrique loin de tout dolorisme, cette chronique, bien trop longue, ne convainc qu'à moitié. Aux antipodes de la langue si inventive de Verre cassé, Mabanckou n'a pas ici trouvé l'équilibre entre la naïveté enfantine et la voix de l'adulte. Dès lors, ses mots sonnent souvent faux, il en résulte un roman trop malin pour être honnête. Qui, à vouloir plaire à tout prix, manque de mordant. (www. l'express.fr)
Et sur Black Bazar:
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/black-bazar-ou-la-nouvelle-53533
Cher Sébastien, j'attends de découvrir ta première liste.
Cher Maxime Fabien,
Mais si je vous comprends bien, vous n'avez jamais lu Mabanckou? Parce que les critiques que vous produisez sont celles d'autres lecteurs, pas les votres.
J'ai donné mon point de vue. Françoise a donné son point de vue.
Je vous avoue que j'ai cessé de me définir par rapport à ce que d'autres interpretent.
Sans vouloir me faire l'avocat du diable, je vais prendre cette première phase que vous citez
"Dans notre pays un chef doit être chauve et avoir un gros ventre."
Elle vous parait banale, plate.
Mais Michel exprime dès le dèpart et à sa manière une vision du monde qui a prise sur la réalité. Un tel physique inspire un sentiment d'opulence auprès dans les quartiers populaires des grandes villes africaines. Un homme gros est un homme qui mange bien parqu'il a le pouvoir de le faire et donc de l'afficher.
Que diriez vous alors de Betes sans patrie d'Uzodinma Iweala, ou d' Allah n'est pas obligé de Kourouma. Dans ces romans, les enfants s'expriment avec une forme dégradée de l'anglais ou du français, non pas à cause des lacunes des auteurs, mais par un choix de proximité avec les personnages.
Et je pense que c'est le choix de Mabanckou et sa prise de risque.
Donc, cette phrase a du sens, mais si le roman est lu en diagonale, la critique ne peut etre que biaisée.
Faites vous votre propre opinion. Il m'a fallu trois ans pour lire Verre cassé à cause de critiques souvent stériles. L'intro complètement loufoque de ce roman m'avait laissé de marbre, mais lorsque je suis passé à la 2ème phase plus intime du roman, j'ai compris le sens de la première phase...
C'est un peu la meme chose ici. Je ne dirai pas que ce roman est un chef d'oeuvre absolu, mais c'est un très bon roman et que j'ai apprécié pour les raisons citées plus haut
@ Maxime Fabien :Le grand talent d'Alain Mabanckou dans ce roman, c'est de parvenir à exprimer les émotions, les évènements, dans la bouche d'un petit africain de 10 ans, ce n'est pas un adulte qui parle, et l'auteur ne peut utiliser le même langage qu'il a donné au fessologue de Black bazar ! ce serait incohérent pour le lecteur .Bien sûr que l'exigence augmente au fur et à mesure des romans, mais c'est justement le mérite de Mabanckou de produire des textes toujours différents à la fois dans le contenu et le contenant .C'est même rudement fort de sa part, quand on réfléchit à l'ensemble de son oeuvre !je les ai tous lus, je ne donne que mon opinion de lectrice, je ne suis pas critique littéraire et je n'ai pas les clés pour analyser un livre autrement que par les émotions ressenties.Certes c'est un enfant qui parle, mais ce n'est pas de la littérature enfantine, loin s'en faut ! dans l'ensemble des romans d'Alain, celui-ci trouve sa place comme une évidence, il s'intercale dans l'oeuvre au moment choisi par l'intéressé et c'est très bien choisi forcément .Maintenant c'est sûr, on ne peut plaire à tout le monde !
C'est vrai je n'ai jamais lu Mr Mabanckou, j'ai bien précisé que j'ai lu un extrait du dernier dans "Jeune Afrique". Je vous ferai ma critique après l'avoir lu intégralement et fait une véritable analyse de l'oeuvre, de sa portée, de son positionnement et bien sur de son écriture. Voila pourquoi, ne connaissant pas cet auteur, je suis allé chercher la critique existante sans vous préciser que celle que j'ai trouvée revient elle aussi sur le style. Suis-je myope?
Sur la première phrase, excusez moi cher Gangoueus, mais c'est un poncif. Il a quel age Michel? Combien de présidents a t-il vu à son age. Quand on sait que dans les années 70 le pays d'Alain Mabanckou n'a pas connu plus de 2 présidents.Une décennie ça me semble très court pour pouvoir donner un avis sur les caractéristiques des présidents.La critique par le biais d'un enfant est bien tentée, mais il reste que les bouts que j'ai lus de ce roman ne m'encouragent pas. mais vu que vous m'invitez à faire ma critique, je le lirai et je vous enverrai ma copie. Pour l'instant je reste d'accord avec l'avis de l'express. Je veux bien que vous défendiez un auteur, mais tout n'est pas à prendre et veuillez vous accomoder de la critique. Ecrire c'est s'exposer à l'oeil des lecteurs, et tous ne sont pas pareils.
Pour les auteurs qui font parler des personnages au langage boucané, il y'a une façon moins abrupte de le faire. Souvenez vous du "foforifon naspa" d'Hampaté Bah. ce n'est pas la première fois qu'on fasse intervenir des personnages à la langue baroque dans un roman. Pour amadou Kourouma, oui j'ai lu "En attendant le vote des bêtes sauvages". Vous voulez mon avis? Même ton, même note.
La force d'un auteur, cher Gangoueus ne provient pas de sa notoriété.La majorité et l'opinion n'ont pas toujours raison, vous le savez bien. Les écrivains l'ont compris qui tentent de nous libérer de la dictature de la majorité. Mais assurément pas tous, j'en suis rassuré. L'acte d'écrire est libre, son corolaire et l'avis du lecteur.
@ Maxime Fabien:
A la fin des années 70 le Congo Brazzaville avait déjà connu 5 présidents.
http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2587p056-059.xml0/france-congo-tchad-meetingune-passion-congolaise.html
Quand au livre de Mabanckou je ne me permettrai pas le moindre jugement tant que je ne l'aurait pas lu.
Merci à Françoise pour son éclairage très intéressant.
@ Maxime Fabien,
Françoise donne une analyse beaucoup plus nette que la mienne. Il s'avère que comme elle, j'ai lu quasiment toute l'oeuvre romanesque de Mabanckou, exception faite de Black bazar, et de Dieu seul sait comment je dors. J'ai lu ces quatre premiers romans bien avant qu'il n'obtienne ses grands prix internationaux. Et sans etre une groupie excitée, je peux vous assurer que l'écriture de cet auteur a muri au fil des années. Encore une fois, Françoise en parle mieux que moi.
Donc, vous ne pouvez pas m'accuser de suivre une tendance comme un mouton, j'apprécie cet auteur depuis Bleu, blanc rouge que j'ai lu pour la première fois en 2001.
je vous conseille de découvrir son travail par Bleu, blanc rouge et Verre cassé et d'aborder son dernier roman ensuite et on échangera de manière apaisée ensuite.
@ Joss,
Effectivement tu as raison :
Fulbert Youlou de 1960-1963
Alphonse Massamba-Debat de 1963-1968
Marien Ngouabi, de 1969-1978
Joachim Yhomby, de 1978-1979
Denis Sassou-Nguesso, à partir de 1979
Tu remarqueras qu,il n'y a aucun chauve, et seul Yhomby a eu de l'embonpoint. Quoique sous le CMP, il est possible qu'il fut plus fin.
Mais le chef dont Michel va au-delà des présidents, c'est un prétexte pour parler de son oncle qui a une position de pouvoir... Tout cela est très amusant, le sarcasme de l'auteur meme masqué s'entend très bien...
Vous m'avez mal compris, je parle uniquement de la décennie 70. Peut-être qu'au Congo les présidents restent deux ans au pouvoir. Pouvez vous me les citer ces cinq présidents de la décennie 70?
Gangoueus, loin de là, je ne pense pas que vous le suiviez comme un mouton, vous aimez plutôt l'oeuvre de Mr Mabanckou, et vous savez le justifier, honorable!Mon point de vue s'étend sur un élément de son oeuvre immense que je n'ai pas eu le plaisir de connaitre comme vous. On n'écrit pas simplement pour des fans, tous ceux qui aiment lire peuvent avoir un jour l'occasion de tomber sur un auteur dont ils ne sont pas des inconditionnels et donner ainsi leur point de vue. Et de ce fait on peut devenir un laudateur ou l'inverse. C'est aussi cela la liberté du lecteur.
En vous lisant je vois que Marien Ngouabi occupe quasiment l'intégralité de la décennie 70, 7ans, soit les trois tiers. Bon, ça dépend d'où l'on se place sur l'échelle de cette décennie, mais encore!
@ Maxime Fabien : commencez peut être alors par lire "verre cassé " plutôt que par "demain j'aurai vingt ans", vous verrez ainsi si vous adhérez ou pas à cet auteur avec un livre au style certes pas académique , mais avec beaucoup d'humour et une foison de références littéraires ! ça passe ou ça casse ! mais si vous aimez ce petit bijou, vous aurez envie de continuer avec les autres !
@Françoise
D'accord, je vais en librairie.Je ne manquerai pas de vous remercier d'avoir favorisée cette rencontre.
A bientôt.
Cher Maxime Fabien,
Je tiens à vous remercier pour votre contribution et cet échange.
La littérature est faite de rencontres loupées souvent à cause de l'humeur du lecteur, la mauvaise foi du critique, le mauvais livre qui peut masquer une œuvre géniale, etc.
Ma petite expérience me permet de relativiser énormément certains points de vue.
Alain Mabanckou peut être attaqué sur de nombreux points, mais son style, sa manière d'écrire est intelligente, faussement naïve, originale.
Je vous souhaite une belle rencontre avec cet auteur, et s'il ne vous plait pas, s'il vous plait venez nous partager vos avis, ça permettra atténuer mon enthousiasme. C'est tout l'interêt d'un blog.
Pour ma part, je n'ai pas encore lu le livre, je suis allé le chercher à la Fnac des Halles, rien!
Et pour la critique, retenez simplement que "quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui."
Cher PNN, voulez-vous dire qu'il y avait rupture de stock à la FNAC des Halles?
Concernant, je vous trouve radical, mais c'est un point de vue qui a du sens et sur lequel je vais méditer.
Bien à vous,
Aujourd'hui encore, j'ai essayé à la FNAC des halles, rien!
Non , je ne suis pas radical, l'inverse aussi peut-être vrai. Il faut suivre les trajectoires.
ça m'énerve, comment une aussi grande Fnac que celle des Halles n'a pas une nouveauté d'Alain Mabanckou, j'ai oscillé entre le rayon "roman francophone" et le rayon Afrique, que dalle.
Fabien Maxime, sans vouloir vous offenser,auriez vous tout acheté? Si c'est vous, il ne vous fallait pas autant d'exemplaires, un seul aurait suffi, quelques uns si vous souhaitiez en offrir...
ce n'est pas grave, je vais aller voir ailleurs, aubesoin sur Amazon.fr
A la FNAC de Rennes, le 19 Aout jour de la sortie du livre, la libraire, après avoir consulté son ordi, m'a certifiée de façon péremptoire qu'il ne sortait que le 2 septembre .J'ai l'impression qu'ils se sont un peu ....plantés ! heureusement, il n'y a pas que la FNAC !
Ecoutez donc les réactions des critiques du Masque et la plume hier soir sur France Inter.
Il y a à boire et à manger...
"La vie devant soi" à l'africaine ou "Le petit Nicolas" à l'africaine, j'adore ce genre de comparaison !
Je retiens la remarque de J. Louis Ezine, très touché par le roman : "Mabanckou va vers un accomplissement, il va nous faire un très grand livre un jour."
Aïssatou
@ Aissatou,
Je n'ai pas reussi à écouter l'émission, le fichier audio de France Inter n'est pas lisible sur ma bécane...
Je suis vraiment heureux que le livre de Mambanckou reçoive un tel écho dans la presse mais je suis tout de même effaré par les médias littéraires français.
Ils clament tous qu'il y a plus de 700 nouveaux livres pour cette rentrée littéraire mais quand on voit les chroniques des émissions comme "le masque et la plume" et quasiment toutes les autres émissions littéraires, chroniques des journaux papiers, blogs, etc... ils parlent tous des 7 ou 8 MÊMES auteurs!
Despentes
Houellebecq
Nothomb
Thomas
...
Et évidemment les éditeurs sont tjrs les mêmes
Gallimard
Fayard
Grasset
Laffont
...
Bien sur que les journaux n'en disent pas tjrs du bien, parfois même ils en disent du mal, mais le résultat est le même: ils parlent tous des mêmes!
On parle d'un problème de diversité dans la société française et on oublie de pointer le monde des livres...
C'est pareil pour le cinéma, c'est pareil pour le théâtre, c'est pareil pour les humoristes, c'est pareil pour les musiciens, c'est pareil pour les chanteurs, c'est pareil pour tout, Joss, on parle effectivement toujours des mêmes.
Comme on dit, les Français adorent les révolutions mais ont horreur du changement.
Perso, j'aurais apprécié que tu proposes un ou 2 livres que tu as particulièrement aimés et dont personne ne parle, ça aurait été, à mon sens, plus constructif.
J'en profite pour conseiller 3 ouvrages :
- "L'héritier" de Sayouba Traoré (Vents d'ailleurs, 2009). J'aime l'authenticité et l'intégrité de cet écrivain burkinabé qui n'a pas été "contaminé" par le système et qui écrit "vrai" et juste.
- "On achève bien les écoliers", de Peter Gumbel ou le regard d'un Anglais sur le système scolaire français qui pratique brillamment et sans être inquiété la culture de l'humiliation et ce, dès les toutes petites classes (Grasset, septembre 2010).
- "Histoire des indépendances et de ceux qui les ont faites" de Jordane Bertrand (Editions Afromundi, 2010).
Pour rester sur ces fameuses indépendances, n'hésitez pas à aller voir, à son prochain passage à Paris peut-être, Dieudonné Kabongo Bashila qui nous a offert, en juillet et en août, un spectacle de toute première qualité sur le cinquentaire des indépendances. Il a préféré en rire pour ne pas en pleurer : un village est désespéré de ne toujours pas avoir été découvert au 21ème siècle ; c'est le point de départ, la problématqiue de son spectacle... Tant qu'on n'a pas été découvert, on n'existe pas !
Oui, je suis d'accord avec vous, je suis loin du roman de Mabanckou mais je n'ai fait que réagir au commentaire précédent.
Aïssatou
Je comprends ton point de vue Joss et je le partage complètement.
Je me réjouis pour Alain Mabanckou qui bénéficie de cette exposition médiatique. Elle est, de mon point de vue, méritée.
Sur le fond, les memes sont exposés. Je pense qu'Aissatou répond très bien à la question. Il n'y a rien de nouveau. Par contre, il y a des possibilités de déconstruire la démarche des marchands de livres, en donnant de la voix à d'autres auteurs. Les blogs sont un moyen, meme si tu les accuses d'etre des moutons également.
Ne nions pas les faits, les blogueurs sont influencés par les grands critiques littéraires, les organes de presse classiques et vont souvent dans le sens qu'indique les maisons d'édition.
Il est difficile qu'il en soit autrement, il y a 700 bouquins, on a pas le budget des journaux pour aller à la peche au hasard, et se taper des daubes. Tout cela a un cout.
J'ai personnellement depuis 3 ans choisi de ne pas trop m'inscrire dans l'actualité qui ordonne justement cette logique. Avec, le recul de lire des classiques et des oeuvres qui survivent aux frèmissements des médias, on a la possibilité de tomber sur des perles.
Après, je pose une question claire: que font les petites maisons d'édition pour promouvoir leurs perles? Démarchent-elles les blogueurs pertinents? Que font elles pour donner du poids et de l'influence à ce type de médias parallèles? Plus Ballades et escales en littérature africaine, Gangoueus ou Incoldblog seront lus non par un cercle de lecteurs addicts, mais par un public plus large, mieux des nouveaux auteurs pourront etre présentés.
Moi, c'est une passion que je partage. je tente de la rendre visible, mais si elle n'est pas relayée, à qui la faute?
Enfin, n'oublie pas une chose, un auteur médiatique draine une foule dans son sillage. Accorder une exposition a un tel auteur, dans le cadre d'un blog peut etre un atout pour l'exposition du blog et donc des autres oeuvres présentés.
@ Aissatou, j'aime ton pragmatisme.
Soyons concrets, proposons des oeuvres à la lecture comme tu le fais. Proposons des spectacles qui passent sous le manteaux, crèons le buzz pour que la communication passe.
On me dit le plus grand bien de Sayouba Traoré et j'ai hate de le lire. Merci pour ce conseil de lecture.
J'ai loupé Dieudonné Kabongo, mais apparemment il aurait d'autres dates à La Villette?
Tu n'as pas à t'excuser les commentaires évoluent comme ils veulent, tant qu'il y a pas de noms d'oiseaux...
J'ai évidemment tendance à généraliser et heureusement qu'il y a bcp de contre-exemples. En naviguant de blog en blog je suis tombé sur un mordu d'Amélie Nothomb (il a manifestement tout lu d'elle) mais qui ne s'empêchait pas de critiquer sévèrement certaines de ses œuvres. Il m'a donné envie de la lire ;-))
Du peu que j'en sais depuis que je m'y intéresse, les petits éditeurs essaient de fonctionner de la même manière que les gros, ils arrosent chaque fois qu'ils peuvent les rédactions des journaux et blog très médiatiques en espérant que l'info sera relayée. Je peux comprendre qu'ils ne peuvent pas, comme les gros, donner gratos 300 ou 500 bouquins juste pour la promo.
Les blogs sont un vrai bon espoir et honnêtement si je ne me baladait pas dessus je n'aurais surement pas lu Chinua Achebé ou Patrice Nganang pour ne citer qu'eux. J'ai sur le grill W. Ntsondé et T.Monenembo (que j'ai découvert sur ce blog ;-))
Le spectacle de Dieudonné Kabongo était génial, vraiment.
Pour ma proposition de lecture: Kalachnikov blues - Sunjata , un jeune homme d'origine guinéenne que j'ai vu défendre son livre avec bcp d'humour.
Salut Gangoueus et à tous tes lecteurs.
Juste une petite opinion d'un blogeur. Comme tu le soulignes, il est difficile de prendre au hasard des romans d'écrivains des « petites » maisons d'édition. La raison principale est tout simplement prosaïque : le coût. Beaucoup des livres proposés par ces maisons d'éditions sont relativement coûteux, ce qui peut sembler normal au regard des tirages limités. Au reste, le risque de tomber sur de mauvais romans est plus important : l'éditeur de par l’ inexistence de sa couverture médiatique ne voit pas ses livres suffisamment critiqués... la seule étant la sienne dans la quatrième de couverture ! C'est donc au blogeur et à ses finances de prendre le risque. Après être tombé sur de gros navets, je n'ai plus envie de jouer le jeux. C'est aux « petites » maisons d'édition de nous envoyer leurs romans si celles-ci veulent plus de lisibilité dans la sphère très petite des sites et blogs littéraires traitant des lettres africaines. Je les ai démarchées par le passé ; aucune réponse si ce n'est une vive critique – une raciste au sujet de la couleur de ma peau blanche ! - d'un de ces « petits » éditeurs soit dit en passant très courageux. Donc de mon côté, c’en est fini de faire le « bon » Samaritain !
@Joss:j'aime bien votre lectrice de Nothomb, c'est une inconditionnelle qui ne perd pas le nord et sait regarder son auteure favorite avec un regard distancié.Ce que, à l'évidence, beaucoup ont du mal à faire. Je comprends cette tendance, elle est vieille. L'objectivité est clamée par tous mais réellement pratiquée par une ridicule minorité. A mon goût le critique, qu'il soit blogueur, issu de la grande presse doit ou critique professionnel doit servir le lecteur sans tentative de biaiser son jugement. Si on ne fait que des comptes rendus des lectures qu'on, on sort du cadre de la critique, dans ce cas mieux vaut créer une rubrique " mes coups de coeur" afin que ceux qui lisent sachent d'avance et ne se disent pas qu'on est au pays des bonbons, au pays des merveilles où tout le monde est beau et gentil. En outre il faut également, étant critique, puisque "critique", savoir se distancier par rapport aux tendances des grosses industries, cinéma, livre, disque. ces maisons ne font plus la promotion d'un travail d'artiste, mais elles promeuvent plutôt des artisans, dont, le but n'est pas..., mais plutôt utilitariste. Artiste et artisan, grosse différence.
Si on ne fait que des comptes rendus des lectures qu'on aime, on sort du cadre de la critique, dans ce cas mieux vaut créer une rubrique " mes coups de coeur"
Question de lecteur à d'autres lecteurs: tout ce que vous lisez vous plait-il forcément?
@ Hervé et Joss,
Merci pour vos points de vue.
Cher Hervé, ton propos a le mérite d'etre clair. Les blogueurs offrent une tribune supplémentaire, modeste certes, les auteurs ou les éditeurs peuvent la saisir s'ils le souhaitent...
Je vois que ta mésaventure avec qui tu sais t'a marquée... Une critique objective qui n'a pas été digérée par un éditeur de très mauvaise foi.
Welcome James,
Je suis heureux de vous lire. Vous appuyez sur un sujet sensible qui, grace à la possibilité d'inter-agir que permet le web 2.0, peut etre démonté.
L'objectivité d'une critique peut etre remise en cause par un lecteur qui ne la partage. Vous remarquerez que chez Gangoueus, il n'y a pas de filtre sur les commentaires. Si ma critique n'est pas objective, un lecteur floué ou encore ne la partageant pas, peut la remettre en cause en réagissant sur le blog.
Seulement, il faut qu'il affute ses arguments (rires!).
Alors que le propos d'un critique littéraire dans le Monde ou le Figaro, est subi par le lecteur.
N'hésitez pas, si vous trouvez des critiques boiteuses sur ce site, à les bousculer, à les dénoncer. Tant qu'on se respecte, il n'y a pas de soucis. Personne ne détient de vérité absolue sur un texte, pas meme l'auteur...
Vous dites :
Si on ne fait que des comptes rendus des lectures qu'on aime, on sort du cadre de la critique, dans ce cas mieux vaut créer une rubrique " mes coups de coeur"
Je suppose que c'est à moi que vous destinez ces propos. Et meme si ce n'est pas le cas, je serai heureux de vous donner mon point de vue.
Je ne mets sur ce blog que les critiques de livres dont j'ai fumé toutes les pages.
Il y a des livres imbuvables que je n'ai pas terminé. Je ne me sens pas, dans ce cas de figure, de légitimer à émettre une critique publique.
Parcontre, vous trouverez des commentaires de livres que je n'ai pas apprécié. Et je m'arrange à le faire savoir. Seulement, critiquer un livre qu'on n'aime pas, ne doit pas s'apparenter à lyncher un texte ou son auteur. Il y a une personne qui a produit un travail que l'on doit respecter, meme si on n'adhère pas. Parfois, c'est un problème de feeling, pourquoi priver les autres lecteurs, alors?
Donc, me concernant, vous ne trouverez pas que des coups de coeur par ici.
Bien à vous,
"Question de lecteur à d'autres lecteurs: tout ce que vous lisez vous plait-il forcément?"
@James: Hoque non ! ;-))
J'ai la "mauvaise" habitude de choisir mes bouquins au hazard de mes "flânages" dans les rayons des libraires - une vieille habitude des par-terre du marché de Sandaga - donc,évidemment, je suis souvent tombé sur des trucs dures à digérer, mais je suis un psychopathe, je n'aime pas commencer un livre sans en connaitre la fin, donc je vais au bout du supplice ;-))
En plus parfois ça permet de découvrir des perles qu'on aurait pas soupçonné pdt les 1ère pages
Hum... Gangoueus cette conversation par en cacahouète et sort du cadre de cette chronique.
PS: J'ai toujours préféré le terme "chroniqueur" à "critique", je trouve le terme plus neutre.
Non, Joss, on reste dans le sujet de mon point de vue.
Je pense que ce billet est objectif, et qu'on me prouve le contraire.
Mdr, Gangoueus, je vous cite:"Alors que le propos d'un critique littéraire dans le Monde ou le Figaro, est subi par le lecteur."
Non Gangoueus, je ne m'adresse pas à vous en particulier. Je n'ai pas lu toutes vos critiques, comptes rendus, chroniques, je suis nouveau sur cet espace que vous mettez à la disposition des internautes. Merci pour cela. les espaces comme les votres sont rares. Non, rassurez vous, je ne fais que participer à la discussion. Je souhaite revenir de temps en temps.C'est une suggestion que je fait aux thuriféraires de x ou de y, voila, quoi!
Tout à fait d'accord quand voud dites que critiquer un livre qu'on n'aime pas, ne doit pas s'apparenter à lyncher un texte ou son auteur. Il y a une personne qui a produit un travail que l'on doit respecter, meme si on n'adhère pas. C'est vrai, il faut rester objectif, mais est-ce à dire alors qu'on ne doit pas donner un avis négatif lorsqu'on en a un? y'aurait-il désormais un poltiquement correct dans le jugement d'un oeuvre, y'aurait-il une frontière à ne pas franchir? Si par exemple un tel sortait un livre mal accueilli par la critique sur tel ou tel aspect, au lieu de dire on me lynche alors que je suis bon, la bonne chose à faire serait d'observer ces critiques et de les voir ce qu'elles jugent. Si elles en vaillent la peine, bon ça permet de corriger le tir. Si on prend trois quarts du livre dans des descriptions et des approches pour ne laisser qu'un quart à l'intrigue et au dénouement et qu'on se fait taper sur les doigts, la prochaine fois on retravaillera à la concision des descriptions.Si la critique négative ne concerne que des aspects qu'on estime superficiel, pourquoi s'en offusquer? Le chien aboie, la carvane passe.
Sur l'objectivité de votre billet,que dire? C'est votre lecture qui est concernée. Ce que j'ai écrit précedemment ne concerne pas votre billet, j'ai pris la discussion au vol et j'ai vu qu'on parlait de blogs littéraires, de critiques. J'y ai dit ce que j'avais à dire. Nous sommes à la rentrée littéraire tous les livres sont beaux, personne ne porte de jugement de valeur. On nous laisse simplement face à l'histoire qu'on nous résume. Houellebecq qui meurt dans son livre, Gaudé qui pond un roman basé sur Cathrina, et ainsi de suite, Mabanckou qui écrit une autobigraphie en prenant pour scène les années 70 dans son pays le Congo, Coetzee. J'allais oublier Jean d'Ormesson de l'académie française.
Mdr, Gangoueus, je vous cite:"Alors que le propos d'un critique littéraire dans le Monde ou le Figaro, est subi par le lecteur."
Non Gangoueus, je ne m'adresse pas à vous en particulier. Je n'ai pas lu toutes vos critiques, comptes rendus, chroniques, je suis nouveau sur cet espace que vous mettez à la disposition des internautes. Merci pour cela. les espaces comme les votres sont rares. Non, rassurez vous, je ne fais que participer à la discussion. Je souhaite revenir de temps en temps.C'est une suggestion que je fait aux thuriféraires de x ou de y, voila, quoi!
Tout à fait d'accord quand voud dites que critiquer un livre qu'on n'aime pas, ne doit pas s'apparenter à lyncher un texte ou son auteur. Il y a une personne qui a produit un travail que l'on doit respecter, meme si on n'adhère pas. C'est vrai, il faut rester objectif, mais est-ce à dire alors qu'on ne doit pas donner un avis négatif lorsqu'on en a un? y'aurait-il désormais un poltiquement correct dans le jugement d'un oeuvre, y'aurait-il une frontière à ne pas franchir? Si par exemple un tel sortait un livre mal accueilli par la critique sur tel ou tel aspect, au lieu de dire on me lynche alors que je suis bon, la bonne chose à faire serait d'observer ces critiques et de les voir ce qu'elles jugent. Si elles en vaillent la peine, bon ça permet de corriger le tir. Si on prend trois quarts du livre dans des descriptions et des approches pour ne laisser qu'un quart à l'intrigue et au dénouement et qu'on se fait taper sur les doigts, la prochaine fois on retravaillera à la concision des descriptions.Si la critique négative ne concerne que des aspects qu'on estime superficiel, pourquoi s'en offusquer? Le chien aboie, la carvane passe.
Sur l'objectivité de votre billet,que dire? C'est votre lecture qui est concernée. Ce que j'ai écrit précedemment ne concerne pas votre billet, j'ai pris la discussion au vol et j'ai vu qu'on parlait de blogs littéraires, de critiques. J'y ai dit ce que j'avais à dire. Nous sommes à la rentrée littéraire tous les livres sont beaux, personne ne porte de jugement de valeur. On nous laisse simplement face à l'histoire qu'on nous résume. Houellebecq qui meurt dans son livre, Gaudé qui pond un roman basé sur Cathrina, et ainsi de suite, Mabanckou qui écrit une autobigraphie en prenant pour scène les années 70 dans son pays le Congo, Coetzee. J'allais oublier Jean d'Ormesson de l'académie française.
Bon, cher James, je suis heureux que vous ne vous offusquiez pas pour si peu. Ça promet des échanges intéressants à l'avenir. Sentez-vous à l'aise.
Pour ma part, pour répondre à votre question, je tente de voir le verre à moitié plein. J'insiste sur les aspects qui m'ont paru intéressants dans l'intrigue,dans l'écriture, sur le sujet ou l'émotion transmise.
Il arrive qu'on tombe sur un livre qui ne satisfait aucun de ces critères. Alors, je peux me montrer plus cinglant.
Mais, les commentaires les plus virulents sont ceux qui suivent un roman encensé par les médias alors que rien ne le justifie. La déception étant à la hauteur de l'attente suscitée, je peux me lâcher...tout en essayant de mettre la forme.
Cher Gangoueus,
En évoquant les chefs d'états congolais successifs jusqu'à la fin des années 70, tu en as oublié un du nom d'Alfred Raoul.
Ce dernier l'a été de façon éphémère entre Massamba-Débat et Ngouabi.
Il y en avait donc déjà 6 au lieu de 5; ce qui confirme déjà notre tradition de coups d'états à répétitions.
S'agissant de l'évocation par Michel (personnage du roman) de la calvitie et d'un embonpoint comme attributs du pouvoir, on est simplement renvoyé aux schèmes identificatoirs largement répandus en Afrique Centrale qui restent toujours de cours.
Cela ne veut pas dire qu'ils correspondent à la réalité comme tu l'as bien montré en évoquant les physiques de nos chefs d'états successifs.
L'on se rappellera de cette anecdote racontée dans les années 70 où un ministre congolais (Elie Théophile Itsouo) en visite officielle à Kinshasa, se serait fait extirper sans ménagement de la délégation par un agent de la sécurité, doutant de sa qualité de Ministre et le prenant pour un intrus.
L'agent lui aurait dit ceci en lingala: "Yo...Olobi ozalaka Ministre.... Wapi mallette na yo? / Toi, tu prétends être Ministre... Présentes-nous ta mallette s'il te plait!".
Ces stéréotypes sont également observés chez les sapeurs congolais qui, à une certaine époque, portaient des jogging à l'intérieur d'un costume surdimensionné pour
paraitre plus gros et avoir l'air d'un "responsable".
Le personnage de Mabanckou n'a fait que retraduire à travers son regard d'enfant, un stéréotype largement répandu dans le monde des adultes.
Cher Molekinzela,
Je me demande si je n'ai pas oublié également Augustin Poignet...
Je partage complètement ton point de vue. Ce qui me plait dans cette description, c'est qu'elle définit déjà une vision du monde différente de celle d'un petit occidental. Pour ce dernier, un homme ventripotent serait plutôt perçu comme un être négligent qui ne fait pas de sport et mange n'importe quoi...
Bonjour ! J'ai un dossier ( exposé) de 8-10 pages à présenter, portant sur le roman d'Alain Mabanckou " demain j'aurai vingt ans". le thème est le suivant; " Le narrateur et son rapport au lecteur". Pouvez-vous me prêter main forte s'il vous plait ? Je ne demande pas de me faire l'exposé, mais juste de me guider, me conseiller, m'éclaircir sur ce que je pourrais dire ( voire par quoi commencer), ou me donner un plan, des opinions, avis, etc etc etc. Merci d'avance.
Ps: je suis actuellement en licence 2éme année de lettres modernes à l'université de Lille III et j'exerce en même temps le métier d'infirmier( étudiant salarié. Enfin, je suis accessoirement passionné par l'écriture et les livres en général
Beau roman. Qui nous montre, entre autre, à quel point notre vision et encore plus celle d'un enfant est façonnée par notre environnement, par les médias. A lire..
http://vousnepouvezpasraterca.blogspot.com/2011/01/demain-jaurai-vingt-ans-alain-mabanckou.html
A l'anonyme du 1er décembre, je reviens vers vous avec beaucoup de retard et avec l'impossibilité de vous contacter. J'espère que vous avez trouvé des billes pour votre exposé.
A Une bande de copains,
Vous soulignez là un aspect du roman que j'ai apprecié On imagine pas combien l'imaginaire d'un enfant du Tiers-Monde est conditionné par toutes ces images, ces informations. Enfin, les choses ont peut-être changé depuis... Bienvenus!
Enregistrer un commentaire