samedi 31 octobre 2009

La sape a rendez-vous au musée



Il est assez difficile pour une personne de ma génération de se positionner sur un sujet comme la sape aux Congo et ses dérives constatées en Côte d’Ivoire sous l’étiquette de Jet-set. Certains d’entre nous ont grandi avec ce phénomène au pied de leur porte. D’autres, ont pu le découvrir lors des défis que se lançaient les sapeurs dans les quartiers populaires de Brazzaville, de Pointe-Noire et sûrement de Kinshasa. Une autre catégorie fait connaissance avec ce phénomène lors de certaines soirées congolaises en France ou manifestations culturelles liées à ces pays.

De quoi parlons-nous ? La SAPE. Acronyme de Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes. C’est un concept qui lie une frange très marginale des populations urbaines de ces deux pays. Le phénomène n’est pas récent, plus ancien qu’on ne le pense, mais il a pris de l’ampleur au début des années 80 lorsque des artistes comme Papa Wemba, Niarcos se sont prêtés au jeu. Il consiste en une forme de dandysme sous les Tropiques. Dandysme des prolétaires. Une vénération sans limite pour les vêtements façonnés par des grands couturiers italiens, parisiens, japonais ou anglais. Un goût certain pour leur port, l’agencement des couleurs. N’est pas sapeur, qui veut vous diront les experts.

En quoi est-ce un délire me diriez-vous ? Disons que le sapeur, le vrai place ce concept au centre de son projet de vie. Il n’est pas, contrairement ce que l’on pourrait penser, issu des classes aisées de Brazzaville ou de Kinshasa. On n’affiche pas sa misère dans ces coins du continent africain. Et la sape est un bon exutoire pour détourner la lourdeur d’un système politique qui n’offre aucune perspective d’avenir à sa jeunesse et qui n’apporte aucune solution viable au chômage. Alors, quand l’été venu, la saison sèche là-bas, les « parisiens » débarquent chaussures anglaises bien cirées au pied, c’est la grande kermesse, la grande illusion, la fête du paraître.

Ces derniers temps, ce phénomène a été un peu plus amplifié par les DVD consacrés à la sapologie. On peut se questionner sur la forme d’aliénation culturelle que revêt ce type de mouvement. Il n’est pas question de juger l’esthétique de cette démarche ou de sa mise en scène. Costards aux couleurs vives bien agencées, on voit bien que beaucoup n’existent le temps d’une soirée mondaine en mode « Bisso na Bisso » (entre nous) qu’au travers de cet apparat, le cigare en plus, non allumé s’il vous plait. Mais, il ne viendrait à l’esprit d’aucun de ces sapeurs, de faire tailler leur costume par un couturier congolais. Etonnamment, les plus grands couturiers africains sont ouest-africains. La griffe est importante. Elle ne peut être que française, italienne ou japonaise.

C’est à ce phénomène de société que le Musée Dapper de Paris consacrera le dernier week-end de novembre. Le lien avec mon blog est naturellement matérialisé par la rencontre-débat entre l’écrivain congolais Alain Mabanckou qui a consacré deux romans sur le sujet : Bleu, blanc, rouge et le tout récent Black bazar et le dandy congolais Djo Balard. Une exposition du travail sur la question des photographes Baudouin Mouanda et Hector Mediavilla agrémentera ce focus sur un sujet qui ne manquera pas de faire jaser.

La sape a rendez-vous au musée. Une aliénation à ausculter de près.

mardi 27 octobre 2009

Luis Sépulveda : Journal d'un tueur sentimental


Depuis que j’ai découvert cet auteur chilien, j’en demande et j’en redemande. Je prends mon temps aussi. Les bonnes choses, il faut prendre le temps de les savourer. Cette introduction pourrait laisser penser que je tiens là un auteur dont la plume est exquise, le style venu de Mars ou de Vénus, et des sujets bouleversants. Non. Luis Sépulvéda est un auteur que j’aime lire. Voilà. Peut-être parce qu’il vit avec son époque dont il a parfaitement cerné les dérives. Peut-être parce qu’on retrouve les défis majeurs que l’humanité va devoir affronter ces prochaines années : l’écologie, la mondialisation. Peut-être aussi parce que la question de l’exil n’est jamais trop loin, pour cet écrivain chilien qui a dù fuir les ardeurs répressives du régime militaire de Pinochet.
Ce sont donc ces principaux sujets que l’on retrouve dans ce recueil de trois nouvelles assez longues.
Dans la première, Sépulvéda examine le cas d’un tueur à gages professionnel. Ce mec est un vrai pro. Qui a néanmoins transgressé une règle fondamentale. Etre seul. Et ne surtout pas s’enticher d’une meuf.


Il a fait fort, il a choisi une parisienne en plus. Et il l’a dans la peau. Il est sentimental. Quand notre homme apprend que la jeune fille qu’il a métamorphosée en femme veut le plaquer, il perd ses repères et commet des fautes impardonnables dans son secteur d’activité.
Se mettre dans la peau de ce tueur est un véritable délice. Le gars est un peu schizo, et l’écrivain le décrit avec beaucoup de dérision. Le temps d’une nouvelle, le lecteur a droit à un petit tour de planète.

Dans la seconde nouvelle, Hotline, Sépulvéda repart au Chili. On part de la Patagonie, où un officier de police rurale, de souche amérindienne traque depuis de nombreuses années des voleurs de bétail. Une intervention musclée à l’encontre d’un brigand qui n’est autre que le fils d’un grand ponte de l’Armée chilienne lui vaut une mutation à la hotline du service de police détaché aux femmes battues, à Santiago la capitale. Le lecteur appréciera le décalage de la situation, la grande gueule de notre mapuche et les fantômes, les vieux démons encore présents de l’ancien système totalitaire. Le type d’atmosphère que l’on rencontrait déjà dans Le Neveu d’Amérique.




© Shamballah Serenalla















La dernière nouvelle, Yacaré, est un plaidoyer pour l’écologie au travers du sujet de l’extermination d’un peuple indien partagé entre le Paraguay et le Brésil. Peuple attaché à une espèce très rare de caïmans : le yacaré. Elle est en voie de disparition suite au braconnage répété et organisé des manufacturiers européens…


La construction de cette dernière nouvelle est plus élaborée que les précédentes. On retrouve la figure du détective des assurances, suite à la disparition d'un des responsables de la manufacture...


Edition Seuil, Collection Points, 145 pages


Voir d'autres critiques sur La tête dans les pages, Biblioblog

vendredi 23 octobre 2009

Aminata Sow Fall : Le jujubier du patriarche



Toujours au Sénégal. Avec Aminata Sow Fall cette fois. Ce texte trouve son lieu d’action entre une grande ville sénégalaise et Babyselli fief des descendants de l’Almamy Sarebibi et l’intrigante et belle Doumania. Yelli est le descendant direct de cette lignée, fruit du croisement des prédicateurs mahométans et des peuples animistes du Fouta Djallon. Une grande épopée est rattachée à cette histoire familiale et celle de la ville de Babiselli. Mais au moment où commence ce roman, nous sommes dans le présent. Yelli, qui a connu des heures de gloire au travers de ses affaires, connaît une descente aux enfers, une faillite matérielle qui se traduit par la perte de sa magnifique demeure, de la pression d’huissiers malpropres, et surtout de la perte de son prestige et de son autorité au sein de sa famille.

Il est la risée de sa femme Tacko, qui ne supporte plus sa déchéance et qui fait payer à son mari, ses écarts passés, du temps de sa splendeur.

Il reçoit discrètement le soutien matériel d’une nièce dont l’éducation lui fut confiée il y a quelques années, et qui a réalisé un bon mariage. Naarou. Femme belle, fière, épanouie dans son ménage, grande sœur aimante, elle suscite la jalousie de Tacko, la femme de son oncle qui l’a pourtant élevée. Naarou voue une passion sans borne pour le chant des griots et l’histoire de son clan dont elle se sent partie intégrante. Une violente altercation avec sa belle-tante amère va faire exploser cette assurance et révéler la complexité des relations familiales, où des survivances de l’esclavage vont remonter à la surface.

Lorsque Yelli affaibli mentalement et physiquement par toutes ces dissensions apprend par la voix du griot de la famille que le vieux jujubier sec planté sur la tombe de son patriarche s’est remis bourgeonné, il y voit un signe de renaissance et lance un grand pèlerinage vers Babyselli.

Chaque fois que j’ouvre un roman d’Aminata Sow Fall, j’ai vraiment le sentiment d’apprendre quelque chose. L’écriture a un sens. Elle n’est pas son propre service, mais elle est l’occasion de l’exploration d’un fait social. J’avoue avoir eu du mal à pénétrer dans ce roman. Les références nombreuses à l’épopée familiale en début de texte peuvent perdre le lecteur qui comme moi, ne connaît aucune bribe des chants des griots du Fouta Djallon. La construction du texte pourra surprendre. Une première partie romancée se place dans le temps présent alors qu’une deuxième phase faite de chants, et usant d’une expression plus poétique remonte le temps à reculons pour expliquer l’épopée. Mais la fin de l’œuvre apporte un éclairage certain qui compensera les efforts du lecteur.

Musulmans, animistes, esclaves, maîtres, griots et surtout des femmes tiennent une place forte dans ce roman. Une compréhension du passé pour mieux supporter le présent et mieux modeler l’avenir.

Bonne lecture !
Editions Khoudia, Collection Motifs (Serpent à plumes)
1ère parution en 1993, 200 pages
Un interview de l'auteure sur le blog d'Alain Mabanckou

samedi 17 octobre 2009

Khadi Hane : Le collier de paille


Repartons sur les terres africaines. Au Sénégal. En commençant ce commentaire, je réalise que j’ignore complètement le prénom du personnage narrateur. Peu importe ? Non. Car, il y a eu une telle proximité dans la confession, disons plutôt dans le partage de cette jeune sénégalaise de 25 ans, que l’idée qu’elle reste anonyme me désole.

Cette jeune femme est issue de la bourgeoisie urbaine sénégalaise. Fille unique d’un foyer monogame, elle a fait ses classes à Dakar et travaille dans une ONG orientée vers l’humanitaire et le soutien aux populations rurales enclavées. Elle est mariée au prince charmant dont on parle dans les contes de Grimm. Depuis 5 ans. Mariage précoce, mais qui semble heureux. Qui est heureux.

Dans le cadre d’un projet d’installation d’un dispensaire près de Niakhane, un village enclavé de Casamance, notre héroïne doit conduire une mission d’une semaine avec une équipe de son ONG, pour cerner l’ensemble des besoins de cette population et la faisabilité du projet de dispensaire.

A Niakhane, notre citadine va être confrontée au sexisme de cette communauté rurale, à une approche très différente des mœurs dakaroises et surtout, elle va se découvrir une passion amoureuse pour un paysan sérère, Diogoye.

C’est un très beau roman que je viens de terminer. L’écriture est agréable sans être exceptionnelle. Elle est au service de la détresse du personnage narrateur. Tout est à la première personne du singulier. Khadi Hane choisit une construction non linéaire de son texte. Approche que j’ai personnellement trouvée originale. Le lecteur est dans un premier temps confronté à un personnage perturbé par une passion destructrice, dont il ignore la source, avant de remonter le temps, une semaine plutôt et reprendre jour par jour le fil des événements. Se dessine, à l’aide de flashbacks, la construction du personnage, le portrait d’une femme sénégalaise, sa structure familiale, son entourage, son mariage, les traditions séculaires auxquelles elle n’échappe. Une femme qui cherche sa place dans sa société. Une femme qui va imploser.

C’est un roman à découvrir. Ecrit de manière très brillante, qui gênera la gente masculine africaine, sénégalaise en particulier, enfin je le suppose. Une réflexion sur l’adultère, sur les passions dévorantes qui peuvent réduire à néant un itinéraire, sur la femme africaine, sur l’autre tout simplement.


Bonne lecture!

Editions NDZE, première parution 2002, Collection Pocket




mercredi 14 octobre 2009

Jean Echenoz : Je m'en vais



J’ai découvert cet auteur à l’occasion de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Jean-Marie Gustave Le Clézio. Peu de temps après, ce dernier passait sur une émission littéraire La Grande Librairie de F. Busnel en compagnie de Jean Echenoz, qui sortait son dernier roman Courir consacré à l’itinéraire de vie de l’athlète tchèque Emil Zatopek. Très réservé, peut-être intimidé par Le Clézio, j’avais toutefois trouvé son intervention intéressante et je m’étais promis d'aborder les textes de cet auteur dès que l’occasion me serait fournie. J’ai eu sous la main, Je m’en vais, titre pour lequel, ce romancier a reçu en 1999 le Prix Goncourt.

Je me suis lancé avec l’avidité du lecteur émoustillé sur ce texte. L’incipit promettait une approche intéressante :
Je m'en vais, dit Ferrer, je te quitte. Je te laisse tout mais je pars. Et comme les yeux de Suzanne s'égarant vers le sol, s'arrêtaient sans raison sur une prise électrique, Félix Ferrer abandonna ses clefs sur la console de l'entrée. Puis il boutonna son manteau avant de sortir en refermant doucement la porte du pavillon.

Ferrer, le personnage principal quitte Suzanne, son épouse, sorte de mégère dont il a dû supporter les sautes d’humeur cinq années durant. Il est seul. Il lui laisse tout. Il s’en va. Il squatte, le temps de se refaire, dans sa galerie d’art qu’il tient dans un beau quartier de Paris. Son affaire tangue tant bien que mal. Son adjoint lui propose alors une affaire « en or », qui consisterait à extraire des objets d’art d’une cargaison perdue au plein cœur de pole nord d’un navire ayant échoué il y a plusieurs dizaines d’années...


En me lançant dans cette lecture, je ne sais pas trop où devait me conduire le romancier. N’ayant pas lu de commentaires sur ce texte, j’ai d’abord pensé que ce « Je m’en vais » prenait la forme d’un de ces romans nombrilistes dont foisonne la littérature française. Puis, suite au détour vers le grand nord, j’ai cru plonger dans un roman d’aventure. Ce qui n’était pas pour me déplaire. Mais finalement, ce texte me fait penser à une calzone. Les afficionados de cette spécialité de pizza apprécieront la métaphore. Creux. Comme cette pizza, décevant à coup sûr celui qui ne connaît pas cette spécialité. Le parcours de Ferrer est fait d’embûches, d’incohérences qui rendent toute possibilité d’identification improbable. En parallèle apparaissent des personnages dont on ne comprend pas trop la présence dans la construction du roman. Le dénouement de l’intrigue qui tourne autour d’une histoire d’arnaque d’objets d’art apporte une maigre consolation au lecteur que je suis qui s’est efforcé de mener cette lecture à son terme.

Jean Echenoz tente sans succès d’intervenir dans son texte. Les artifices littéraires ne prennent pas malheureusement. Chose à laquelle je fais rarement attention, les variations sur le temps du texte ne sont pas correctement assurées. Ma déception est à la hauteur de mes attentes. Bref, un mot pour dire combien, je me suis profondément ennuyé à la lecture de ce roman, et je me suis sincèrement demandé comment sur une moyenne de 700 livres à l’occasion d’une rentrée littéraire en France, ce livre a pu obtenir le Prix Goncourt. Un motif de satisfaction, toutefois, l’ambiance très lutécienne du roman, qui m’a permis d’apprécier l’attachement me liant à cette ville.

Bonne lecture.

Jean Echenoz, Je m’en vais
Edition de Minuit, 253 pages, 1ère parution 1999
Prix Goncourt 1999


Source Photo Sandro di Carlo Darsa (http://www.sandro.tv/)


Je vous propose également d'autres critiques qui vous permettront de vous faire une idée et de relativiser mon commentaire.
Littexpress (Critique enthousiaste et détaillée)
L'espèce de blog a beaucoup rigolé
Le coin lecture a apprécié les artifices littéraires
L'enthousiasme de Pitou m'étonne et je me demande si nous avons réellement lu le même livre.
Farenheit 45 partage ma lecture.
Lily a apprécié ce livre.

vendredi 9 octobre 2009

La liste en question...

... des 100 livres préférés des Français publié par Lire et qui secoue la blogosphère. Je ne suis pas très en phase avec cette dernière. J'ai mis en gras les ouvrages qui sont passés dans ma casserole :

1. La Bible (best of!)
2. Les Misérables de Victor Hugo
3. Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry (best of!)
4. Germinal d'Emile Zola
5. Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
6. Le rouge et le noir de Stendhal (best of!)
7. Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier
8. Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne
9. Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody
11. La gloire de mon père de Marcel Pagnol
12. Le journal d'Anne Frank
13. La bicyclette bleue de Régine Deforges
14. La nuit des temps de René Barjavel
15. Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough
16. Dix petits nègres d'Agatha Christie
17. Sans famille d'Hector Malot
18. Les albums de Tintin de Hergé
19. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
20. L'Assommoir d'Emile Zola
21. Jane Eyre de Charlotte Bronte
22. Dictionnaires Petit Robert, Larousse
23. Au nom de tous les miens de Martin Gray
24. Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas (best of!)
25. La cité de la joie de Dominique Lapierre
26. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley
27. La peste d'Albert Camus
28. Dune de Frank Herbert
29. L'Herbe Bleue d'Anonyme
30. L'étranger d'Alber Camus
31. L'écume des jours de Boris Vian
32. Paroles de Jacques Prévert
33. L'alchimiste de Paulo Coelho
34. Les Fables de Jean La Fontaine
35. Le Parfum de Patrick Suskind
36. Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire
37. Vipère au poing d'Hervé Bazin
38. Belle du Seigneur d'Albert Cohen
39. Le Lion de Joseph Kessel
40. Huit-Clos de Jean-Paul Sartre
41. Candide de Voltaire
42. Antigone de Jean Anouilh
43. Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet
44. Premier de cordée de Roger Frison-Roche
45. Si c'est un homme de Primo Levi
46. Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur
47. Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
48. Les fourmis de Bernard Werber
49. La Condition Humaine d'André Malraux
50. Les Rougon-Macquart d'Emile Zola
51. Les rois maudits de Maurice Druon
52. Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
53. Les Hauts de Hurlevent d'Emily Bronte
54. Madame Bovary de Gustave Flaubert
55. Les Raisins de la Colère de John Steinbeck
56. Le Château de ma mère de Marcel Pagnol
57. Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
58 La Mère de Pearl Buck
59. Le pull-over de Gilles
60. Mémoires de guerre de Charles de Gaulle
61. Des grives aux loups de Claude Michelet
62. Le Fléau de Stephen King
63. Nana d'Emile Zola
64. Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur
65. Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
66. Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (best of!)
67. Oscar et la Dame Rose d'Eric-Emmanuel Schmitt
68. Robinson Crusoé de Daniel Defoe
69. L'île mystérieuse de Jules Verne
70. La Chartreuse de Parme de Stendhal
71. 1984 de Georges Orwell
72. Croc-Blanc de Jack London
73. Regain de Jean Giono
74. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
75. Et si c'était vrai de Marc Levy
76. Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline
77. Racines d'Alex Haley
78. Le père Goriot d'Honoré de Balzac
79. Au Bonheur des Dames d'Emile Zola
80. La Terre d'Emile Zola
81. La nausée de Jean-Paul Sartre
82. Fondation d'Isaac Asimov
83. Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway (Best of!)
84. Louisiane de Maurice Denuzière
85. Bonjour Tristesse de Françoise Sagan
86. Le Club des cinq d'Enid Blyton
87. Vent d'Est, Vent d'Ouest
88. Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir
89. Les cavalier de Joseph Kessel
90. Jalna de Mazo de la Roche
91. J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian
92. Bel-Ami de Guy Maupassant
93. Un sac de billes de Joseph Joffo
94. Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne
95. Le désert des Tartares de Dinon Buzzati
96. Les enfants de la terre de Jean M.Auel
97. La 25ème heure de Virgil Gheorghiu
98. La Case de l'Oncle Tom de H. Beecher-Stowe
99. Les Thibault de Roger Martin du Gard
100. Le silence de la mer de Vercors

mercredi 7 octobre 2009

Doris Lessing : Un enfant de l'amour




Une collègue m’a proposée quelques lectures avant de dégarnir sa bibliothèque et alimenter les librairies Gibert Jeune. Je parle peut-être trop de ma passion pour les livres. Permettez-moi de la remercier.

Doris Lessing est une auteure que j’ai toujours connue sans pour autant que j’eusse l’occasion de me plonger dans un de ses textes. C’est désormais fait.

Un enfant de l’amour est un roman assez court qui me laisse songeur. James Reid est un jeune britannique mobilisé pour la seconde guerre mondiale. Fils unique dans une famille dont le père est revenu traumatisé de la première guerre mondiale, soutenu par sa mère dans son éducation, porté sur la poésie et la littérature, James se fait incorporer au sein d'une unité de soldats anglais, refusant dans un premier temps la possibilité de devenir sous-officier.

Cette unité est envoyée avec plusieurs milliers d’autres soldats et officiers vers l’Inde menacée par d’invasion par les troupes japonaises. Le calvaire de ce voyage sur un navire de guerre inadapté pour transporter autant d’hommes, ce calvaire, disais-je, est effarant. Il nous plonge dans un de ces épisodes méconnus de la seconde guerre mondiale. Cette situation n’est pas le fait direct de la terreur que faisaient régner les U-Boot allemands sur tous les navires de guerre. La météo, la surpopulation, le navire, autant d’éléments pour ce scénario improbable qui déroute l’état-major qui laisse s'accumuler les actes de désobéissance des soldats et de sous-officiers qui souffrent le martyr.

L’escale du navire au Cap, quatre jours, va être l’occasion pour le soldat James Reid de se sortir de cet enfer sur mer. L’occasion pour cet idéaliste d'une rencontre avec une femme, la femme. Daphné. Une jeune femme britannique, épouse insatisfaite d’un officier sud-africain.


Le texte de Doris Lessing est dans sa forme, très léger. Il n’y a pas une écriture particulièrement recherchée. Peut-être est-ce le fait de la traduction. Mais l’intérêt de cette lecture ne réside pas dans l’écriture de la romancière nobélisée. On le retrouvera dans cet épisode de la guerre mondiale ci-dessus mentionné, dans l’atmosphère qui précédait ce conflit dans certains milieux gauchistes, ou dans l’ennui qui assommait les troupes anglaises cantonnées dans un camp dans l’attente de casser du japonais ou de réprimer la rébellion indienne qui grondait. Le plus important dans ce roman est cette réflexion sur l’amour, sur cette forme idéalisée du rapport à l’autre que James a entretenu avec Daphné et qui a laissé un enfant, un enfant de l’amour.

Un livre beau et cruel.




Doris Lessing, Un enfant de l'amour
Edition Flammarion, 187 pages, traduit de l'anglais par Isabelle Philippe, 1ère parution 2007
Titre original : A lovechild
Image Doris Lessing - Source Fellowsisters.com

Quelques avis Les chats de Bibliothèque, Le sanctuaire et son dojo