dimanche 19 avril 2009

Amos Tutuola : L'ivrogne dans la brousse



Etrange, mais passionnant est le roman que je viens de terminer. Je pourrais le renommer une odyssée dans la brousse africaine. Ce texte est alimenté par l’imaginaire débordant d’Amos Tutuola qui invite son lecteur à une plongée dans la dimension surnaturelle de la savane et de la forêt yorouba.


Repartons à la genèse de ce conte africain.


Je me soûlais au vin de palme depuis l’âge de 10 ans. Je n’avais rien d’autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme. Dans ce temps là, il n’y avait pas d’argent, on ne connaissait que les cauris, aussi la vie était bon marché et mon père était l’homme le plus riche de la ville.
Mon père avait huit enfants et j’étais leur aîné, les autres travaillaient dur, moi j’étais un recordman du vin de palme. Je buvais du vin de palme du matin jusqu’au soir et du soir jusqu’au matin. A cette époque-là, j’en étais venu à ne plus boire une seule goutte d’eau ordinaire, seulement du vin de palme.
Quand mon père s’est aperçu que je ne pouvais rien faire d’autre que boire, il a engagé pour moi un excellent malafoutier qui n’avait rien d’autre à faire qu’à me préparer mon vin de palme pour la journée.



Page 9, Edition Gallimard, collection L'imaginaire


Le personnage narrateur situe bien le contexte. Il a à sa disposition une plantation de 560.000 palmiers et un malafoutier qui travaille à temps plein et de manière extrêmement efficace. Comme c’est souvent le cas, une cour se créé autour de ce jeune homme fortuné qui ne manque pas de vin de palme. Le hic intervient quand, quinze années après la disparition de son père, son malafoutier meurt d’un accident de travail. Le texte bascule alors dans une forme de délire. Ayant perdu tous ses courtisans du fait de sa pénurie chronique en vin de palme, notre ivrogne se lance à la recherche de son malafoutier. Vous me direz : mais il est mort non ? Seulement vous êtes au Nigeria. D’ailleurs, voici ce qu’en pense notre héros :


En voyant que je n’ai plus de vin de palme et que personne ne pouvait en tirer pour moi, je pense alors en moi-même à ce que disaient les anciens, que les gens qui sont morts sur cette terre ne vont pas au ciel directement, mais qu’ils habitent dans un endroit quelque part sur cette terre. Alors je me dis que je découvrirai où se trouvait mon défunt malafoutier.



Page 11, Edition Gallimard, collection L'imaginaire


Notre héros se lance donc dans cette quête qui semble à priori insensée et dictée par son addiction au vin de palme. Et c’est dans un univers fantastique qu’il pénètre. Je n’en dis pas plus.


Amos Tutuola écrit ce roman en 1953. Et contrairement à de nombreux auteurs africains de cette époque coloniale, il ne cherche pas à prouver qu’il maîtrise la langue anglaise. Ici, seule l’odyssée de son personnage compte. Un périple nourrit par les influences de sa culture yorouba. On a vraiment l’impression de voir se succéder une série de contes où, dans l’absurde de la quête de l’ivrogne, se révèle une philosophie de la brousse et des croyances animistes africaines. Et naturellement, si on est pris par cette quête, on ne lâche pas la main du narrateur dans ses rencontres avec des êtres terrifiants ou dotés de bonté, mais surtout on est saisi par l’âpreté de notre palm-wine drinkard à atteindre son objectif.


Bonne lecture,

Amos Tutuola, L’ivrogne dans la brousse
Traduit de l’anglais par Raymond Quéneau
Titre Original : Palm-wine drinkard,
Edition Gallimard, Collection L’imaginaire
1ère parution 1953, réédition 2000, 142 pages


Voir également la critique de Wodka


jeudi 16 avril 2009

Aimé Césaire : TOUSSAINT LOUVERTURE, la Révolution française et le problème colonial

I’m back ! dirait le british. Na zongi ! hurlerait de joie le congolais. Effectivement cela fait belle lurette que je n’avais pas produit un commentaire de lecture. Je reviens avec du costaud. Aimé Césaire. A la veille du premier anniversaire de sa disparation, cela relève du timing quasi-parfait. Si j’étais animiste, je croirais peut-être que l’âme du poète a quelque peu perturbé et fait trainer ma lecture de cet essai historique sur Toussaint Louverture, la Révolution française et le problème colonial.

Tout un programme. Ce livre qui trainait dans ma PAL (Pile de livres A Lire) depuis quelques années est devenu une urgence pour moi avec les événements qui ont bousculé les DOM-TOM, ces derniers mois. Beaucoup ont découvert, qu’au-delà des belles plages, des cocotiers et du soleil, couvait un conflit social, mêlant une question raciale plus profonde et des contentieux historiques non résolus. Il y a suffisamment de choses à partager sur cet essai d’Aimé Césaire pour que je revienne sur l’épopée du LKP et de la grève généralisée que ce collectif a suscité en Guadeloupe.

On parle beaucoup de la poésie de Césaire et il est vrai que même dans le Discours sur le colonialisme, le cri de l’intellectuel martiniquais prend des formes poétiques. L’analyse que porte Césaire sur la figure historique de Toussaint Louverture et les relations de la Révolution française et la question coloniale, est beaucoup plus froide. Il réalise un travail extrêmement documenté et expose les faits qui ont conduit de la Révolution française à l’indépendance d’Haïti, en explorant entre autre la démarche de Louverture.

La question coloniale concerne, au moment où commence la Révolution française, principalement les Antilles françaises où Saint-Domingue tient une place plus importante pour l’économie du royaume. La traite négrière vit de beaux jours, l’esclavage bat son plein sur la partie française de l’île. Environ 700.000 âmes, dont près de 600.000 esclaves et un nombre équivalent de mulâtres affranchis et de blancs.

Aimé Césaire décortique avec beaucoup de minutie les rapports des différentes strates sociales de Saint-Domingue avec les débats de l’Assemblée constituante, puis de l’Assemblée législative, la Convention nationale, le Directoire…

Quand celle-ci (1) éclata : chez les planteurs, affranchis, esclaves, ce qui fut général, ce fut l’enthousiasme. C’est que tout le monde, toutes les classes entrevirent l’occasion de faire aboutir leur particulière revendication et d’obtenir une liberté selon leur cœur : la liberté politique et la liberté du commerce pour les planteurs, liberté politique et égalité des chances pour les mulâtres, liberté tout court pour les
nègres.

Page 342, éd. Présence Africaine
Dans ses développements, l’auteur antillais prend soin de mettre en exergue le choc de ces différentes revendications particulières avec les idéaux nouveaux de la Révolution que l’on retrouvera entre autres dans la déclaration des droits de l’homme. Les faits que Césaire propose sont tous simplement les échanges historiques qu'a alimenté la Révolution sur la question coloniale : Robespierre, Mirabeau, Marat, Brissot, Barnave, l’Abbé Maury, Danton... ont leurs analyses soumises au lecteur . La question de la représentation des colonies aux assemblées, la citoyenneté des mulâtres, la question de la Traite atlantique, l’attitude vis-à-vis de l’abolition de cette dernière par les anglais, mais également les rapports ambigus entre mulâtres libres et esclaves nègres.

Césaire définit une échelle dans la contestation suivant les strates sociales de Saint-Domingue qui l’exprime : La fronde des Grands blancs, la révolte des mulâtres, la révolution nègre. Toussaint Louverture qui apparait assez tardivement dans la construction est le point culminant de cette étude quand ce dernier reprend, façonne la révolte des esclaves et prenant à la lettre le principe d’égalité et de liberté proclamé par la France, déploie tout son savoir et son énergie pour arracher et préserver cette liberté acquis par les anciens esclaves.

Ce livre est passionnant. D’abord parce qu’on y découvre la fascination de Césaire à l’égard de l’homme d’état Louverture. Fasciné, mais lucide Aimé Césaire, plonge le lecteur au cœur de débats passionnants de cette Révolution française, dont la question coloniale a été une des grandes échardes. Comment en effet concilier le principe et l’idéal absolu de justice qui ont été affirmé pour la nation et l’intérêt mercantile ? Dans cet exposé, on retrouve le fondement de la politique actuelle des affaires étrangères de ce pays, habité par cette tradition humaniste et de cet héritage des principes de la Révolution française et la contradiction qu’impose la gestion des intérêts économiques, capitalistes. Ce conflit d’intérêt explique les débats extrêmement violents et le fait que mulâtres, puis esclaves ont dû prendre de force, ce que le principe énonçait clairement : la liberté et l’égalité. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’une répétition de passionnantes polémiques, de terrifiantes répressions de cette époque. Comme le souligne l’Ecclésiaste « Rien de nouveau sous le soleil ».

Aimé Césaire a le talent de laisser parler une époque par ces différentes interventions, il laisse parler l’histoire et glisse une conclusion brève, mais qui coule pour le lecteur qui termine son texte.

Bonne lecture




Aimé Césaire, Toussaint Louverture : La Révolution française et le problème colonial
Edition Présence africaine, 345 pages

Caricature d'Aimé Césaire par Ben Heine

lundi 13 avril 2009

Les Bantous de la Capitale à l'Olympia

Note d’avertissement
A mes amies et amis qui me rendent régulièrement visite, je tenais à introduire cet article en soulignant qu’en ce mois d’avril, je n’ai pas changé la ligne éditoriale de ce blog. Certes, mes impressions de lecteur du mois tardent à prendre forme pour des raisons liées à mon environnement de lecture. Je tiens à m'en excuser. Je vais donc faire le nécessaire pour circonscrire cette panne, mais sachez que mes commentaires de lectures restent le moteur de l’activité chez Gangoueus, complétés de quelques chroniques mondaines ou de coups de gueule sur des sujets qui me tiennent à cœur tournant autour de la culture.


Jean-Serge Essous et les Bantous de la capitale



Organisation africaine pour ne pas dire congolaise
Il me fallait cette petite entrée en matière pour poursuivre sereinement cet article lié à ma modeste couverture du concert événement des Bantous de la Capitale à l’Olympia Coquatrix de Paris. En effet, j’ai été aimablement convié à couvrir ce concert pour un journal d’Outre-Rhin. Les Bantous de la Capitale. L’évocation simple de ce nom a fait ressurgir des profondeurs de ma mémoire, des mélodies, des rythmes langoureux de ce groupe qui a fait danser l’Afrique entière du temps des indépendances et a accompagné plusieurs générations de congolais dans leur cheminement et inspiré la plupart des tenants de la rumba congolaise d’aujourd’hui sur les deux rives du grand fleuve. Entre nous, je ne pensais pas que ce groupe jouait encore… J’ai néanmoins été contrarié par les organisateurs et l’amateurisme dont ils ont fait preuve pour gérer les invités… Juste un chiffre pour que vous puissiez saisir la frustration de votre blogueur journaliste préféré : 1h45. C’est le temps qu’il m’a fallu attendre pour rentrer dans la salle mythique. Le temps de discuter avec un ami blogueur, d’observer le public coquet composé principalement de congolais mais également d’européens. Ce monde de dandys arrivant à son rythme, souvent de la génération de mes parents, mais également constitué de nombreux jeunes, semblait emballé à souffler les 50 bougies avec les papys de la rumba congolaise. Etrange situation où les retardataires munis de leur billet, toisaient le sourire en coin, avec la démarche chaloupée, les invités abandonnés à leur triste sort. Désabusé par les agents de sécurité du site qui me rassuraient, goguenards, que ce genre de situation n’arrivait jamais sur d’autres concerts… Enfin, tout n’est pas sombre, j’ai quand même pendant cette période trouble, serré la pince du grand Manu Dibango venu voir son ancien collègue de l’Africa Team de Grand Kallé.


Le show des Bantous de la capitale
J’ai loupé la première partie. Ce n’est pas grave. Un sympathique journaliste d’Afrik.com a hâté mon entrée dans la salle. Les ancêtres de la musique congolaise étaient déjà lancés. Une émotion m’a tout de suite saisi. Bon sang, je réalisais la portée de l’événement. Quel fabuleux hommage pour les 50 ans de ce groupe qui a participé à l’histoire la musique africaine que de pouvoir jouer dans cet antre de la musique mondiale. Mais encore faut-il se montrer à la hauteur de l’événement. Et c’est surement la leçon que laissera ce groupe qui a su se renouveler et qui a joué ses classiques avec maestria tel que « Isabelle », « Comité Bantu », « Masuwa », « Mama Alphonsine » et bien d’autres. L’aspect technique du concert a été d’une qualité telle qu’on en oubliait les grésillements avec lesquels on avait grandi et le côté vieillot de certaines mélodies que j’avais toujours écouté sur Radio Congo ou sur le tourne-disque de mes parents. En fait, le public a eu droit une version remastérisée de tous les classiques des Bantous de la Capitale, avec une sonorisation démente, un Ricky Siméon déchaîné à batterie assurant la cadence de cette rumba congolaise originelle accompagné de son compère Vieux Massengo « Tam-Tam » au dit instrument. La défense selon Kabako Lambert était solide, à l’instar du duo Blanc-Desailly durant la coupe du monde de football 98. Les ailiers ont également livré un récital de très bonne facture au niveau des guitares solo et basse… Les ingrédients d’un bon plat livré chaud et à temps au public de l’Olympia. Que dire des voix limpides du trio d’attaquants Kabako-Mangani-MBemba ? Du travail de pros qui effacent le mécontentement cumulé pendant 1h45 pour vous entraîner à faire le pas de danse parce que vous passer décidemment un sacré moment. L’entrée sur scène du patriarche Jean-Serge Essous a été la cerise sur le gâteau. Ses compères Ganga Edo, Nino Malapet, Celestin Nkouka n’étaient malheureusement pas de la partie. Mais comme on avait affaire à des gentlemen, le public a eu droit à des excuses de l’orchestre des Bantous de la Capitale.



Le public enthousiaste (Photo Gangoueus)


Que dire pour conclure ?
D’abord, le sentiment d’avoir participé à un événement unique, dans une place unique, où l’occasion m’était donné d’avoir la définition exacte de la rumba congolaise. Puis, l’impression d’être au contact avec une génération qui va disparaitre et enfin, de la nostalgie à l’endroit d’une part de Congo perdue ou qui risque de se perdre. Oui, je suis élogieux concernant ce spectacle à la hauteur de ce qu’a longtemps représenté les Bantous de la Capitale : un phare pour la musique africaine.

dimanche 5 avril 2009

La musique congolaise : culture du masochisme?

C’est une question très congolaise qui me turlupine l’esprit : les riverains du fleuve Congo sont-ils masochistes ? Cela fait quelques années que je me la pose, au rythme des bals dansants auxquels je participe avec ma belle. Ces soirées où la rumba congolaise succède aux trémoussements torrides que suscitent les " chauffés " de JB Mpiana, Koffi Olomidé ou encore d’Extra Musica. Ces noms seront complètement inconnus pour certains des lecteurs de ce blog, mais sachez que Koffi Olomidé ou Werrason, stars de la musique congolaise, par extension de la mélopée africaine ont été capables de remplir le palais Omnisports de Paris-Bercy.





Cependant, ce n’est pas une louange que j’adresse à ces artistes qui illuminent certes la nuit congolaise pour mieux obscurcir le quotidien des congolais. Si les mélodies de ces auteurs portent la poésie congolaise au firmament, célèbrent l’amour, elles sont parasitées par les dédicaces habilement glissées à l’endroit des politiciens véreux des deux rives du fleuve Congo. Le phénomène n’est pas nouveau. Ko buaka libanga (*) est un concept installé depuis deux décennies par lequel les artistes congolais touchant difficilement leur droit d’auteur renflouent leurs tiroirs-caisses en monnayant la proclamation du nom d’un producteur, d’un compatriote à l’étranger ou ces dernières années d’hommes politiques. Les longues rumbas congolaises se transformant en une réclame continue. La démarche est habile et s’est tellement insidieusement infiltrée dans les moeurs qu’elle ne semble plus déranger les congolais.

Déjà, dans les années 80, les grandes brasseries de bière de Kinshasa et Brazzaville communiquaient par artistes interposés sur les effets positifs de leurs produits Tonton Skol, Primus, Ngok, etc.

Ce type de représentation peut avoir des effets thérapeutiques quand, par exemple, les artistes congolais remettent en scène des situations de guerre en évoquant par la danse Hélico, les fameux bombardements de Brazzaville ou encore la fameuse danse Ndombolo imitant la démarche du Mzee Laurent-Désiré Kabila. Après tout, il faut bien rire, sinon en danser de toutes ses horreurs. Mais est-ce la solution ? Ces dernières années, les hommes politiques ont également investis le créneau. Aussi en écoutant un morceau du génial Fally Ipupa, votre blogueur danseur devra s’attendre à une référence au maire de Brazzaville, ou d’un autre grand général de la place, contraignant votre serviteur troublé à marcher sur les pieds de sa belle alors qu’il tenait un bon rythme… Imaginez-vous entrain de danser sur un morceau de Johnny Halliday et qu’un clin d’œil soit donné au ministre de l’intérieur Alliot-Marie en plein cœur de " Quelque chose de Tennessee "… Si vous pensez ensuite à l’état des rues de Brazzaville, les délestages d’électricité, l’absence d’eau potable aux pompes de la majorité des populations congolaises, vous comprendriez le désarroi du congolais qui se réfugie le soir au fond d’un nganda (*) dans une rumba langoureuse d’un artiste les flagellant des noms de tous ces notables qui pourrissent son quotidien…

La pratique est devenue tellement courante que les artistes ne se posent plus la question de faire la part entre de la bonne plante et de l’ivraie.

Mais, il se passe ces derniers temps en Europe quelque chose en lien avec ce que j’ai évoqué plus haut. Un phénomène qui va peut être permettre aux artistes congolais de prendre la mesure de leur responsabilité.

En effet, depuis deux ans, les artistes ne peuvent plus se produire sereinement en Belgique ou en France. Un collectif de jeunes ressortissants de la RDC basé en Belgique empêche la production de concerts de musiciens congolais sans la référence à la situation du conflit armé qui secoue l’Est de ce pays et qui a déjà fait plus de 5 millions de morts en un peu plus de dix ans. Ainsi la star des stars Koffi Olomidé a vu son concert au Zénith de Paris annulé au mois de février 2009. L’artiste Werrason a vu sa tournée de 2006 sabordée par ce même collectif.

Tout cela est déplorable pour les afficionados, mais les artistes congolais vont devoir prendre une posture quant à leur rapport avec le politique, la question politique et le patriotisme. Enfin, il faut l’espérer. La question des droits d’auteur devoir être remise sur table pour assurer l’indépendance des artistes de toutes ces contingences matérielles… et que les mélomanes congolais puissent savourer leur rumba en toute quiétude. @ suivre...


Un danseur de ndombolo en extase :o)

(*) Nganda : Buvette aux Congo