vendredi 14 décembre 2007

Luis SEPULVEDA : Le vieux qui lisait des romans d'amour




Mon dernier voyage en Amazonie remonte à mon lointaine adolescence. En ce temps je dévorais Jules Verne, Maurice Leblanc ou Arthur Conan Doyle avec un insatiable appétit. J'ai ainsi fait une lente descente de 800 lieues sur l'Amazone à bord de la Jangada, sorte d'énorme rafiot. Je ne me souviens plus exactement de la trame de ce roman d'aventure, mais je sais que Jules Verne m'avait fait passer un bon moment.


C'est une nouvelle plongée dans l'Amazonie que l'écrivain chilien Luis Sépùlvéda m'a proposé au travers de son magnifique roman Le vieux qui lisait des romans d'amour.
Antonio José Proana Bolivar est installé depuis des années dans la grande forêt vierge amazonienne. Ayant abandonné avec son épouse son village de la Cordillère des Andes pour tenter sa chance dans la forêt, il a rapidement perdu sa femme emportée par la maladie. Pour survivre dans ce milieu hostile, il va progressivement se rapprocher des indiens shuars sans pourtant être intégré par ces derniers. A leurs côtés, il apprend à apprécier et à respecter cette forêt qui lui a tout pris.
Ayant réintégré le village d'El Idilio, le vieux solitaire qui découvre les joies de la lecture et de la littérature est de nouveau solliciter pour mener la traque d'une femelle jaguar dont la famille a été dévastée par un chasseur gringo. Cette dernière s'est muée en une redoutable tueuse d'hommes...


Je manque d'inspiration et pourtant j'ai adoré ce roman.


On pense naturellement aux grands classiques américains qui mettent en scène le conflit de l'homme avec un grand animal tels que Le vieil homme et la mer d'Hemingway ou Moby Dick de Melville. On est assez proche de la métaphore d'Hemingway et on retrouve un style simple avec ce petit quelque chose de féerique dont regorge certains textes sud-américains.


Mais voilà, Bolivar le bien nommé est un homme usé qui s'est découvert une passion pour la lecture des romans d'amour. Ce qui semble niais, à prime abord, va sous la plume de Sépulveda conduire le lecteur dans des petits moments d'émotion que seule la littérature peut procurer. Comme la découverte de Venise par la lecture d'un roman d'amour.

Le baroudeur des bois ne désire plus s'éloigner de ses lectures. La barbarie des hommes va malheureusement se charger de le ramener sur Terre.


Sépulvéda excelle en faisant un magnifique plaidoyer pour la sauvegarde de la forêt équatorienne et en dénonçant les gringos sans foi ni loi qui dévastent tout sur leur passage. Au mépris des hommes, de la faune et et de la flore.


Bonne lecture
Gangoueus



Titre original : Un viejo que leia novelas de amor
Traduit de l'espagnol par François Maspero
Editions Métailié 1992, 120 pages




9 commentaires:

Lou de My Lou Book a dit…

ouh là, le titre me tentait depuis longtemps mais maintenant que j'ai lu ta critique, je n'ai qu'une envie : succomber ! merci !

GANGOUEUS a dit…

Bonjour Lou,

Merci pour ton commentaire. Il ne fait aucun doute que ce roman va te plaire.

N'hésite pas repasser nous dire tes impressions de lecture du senor Sepulveda.

@+

Anonyme a dit…

Pour moi tu prêches en pays converti, ça fait déjà quelques années que je suis tombé dans la marmite de Sepulveda. Je me suis régalé avec l'histoire de cet Antonio José Bolivar, de sa superbe relation avec la nature, de sa passion tardive pour la lecture et de la gestion économique de son dentier...
À très bientôt.
JH

GANGOUEUS a dit…

Ah, le coup du dentier c'est la surprise du chef. Je m'efforce dans mes commentaires de ne pas aller trop dans la description pour garantir cet effet :o)
J'y crois pas!!!

Kty a dit…

Moi aussi j'ai beaucoup aimé ce livre. As tu lu d'autres Sepulveda ? moi je les ai presque tous lu, et j'aime le style d'écriture de l'auteur.

GANGOUEUS a dit…

Bonjour Kty,
C'est mon premier Sépulvéda et il est certain que ce ne sera pas le dernier. On m'a conseillé Le neveu d'Amérique pour poursuivre mon odyssée...

Qu'est ce-tu me conseillerais?
De plus, j'ai question concernant ton site: si je prends des photos des points clés de ma commune, trouveront-elles leur bonheur sur ton site?

@+
Gangoueus

Anonyme a dit…
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Mlle Swann a dit…

J'ai le droit de dire que je n'ai pas aimé? Oui? Je n'ai pas aimé! C'est bien écrit mais mis à part çà c'est vide, moralisateur et sans grand intérêt...bof...bof

GANGOUEUS a dit…

Bien sur que vous pouvez donner votre avis!

Merci, pour votre opinion, sentez vous libre d'en donner d'autres.

Pour revenir à ce roman, je n'ai pas ressenti le vide que vous évoquez. Il est question de solitude, d'écologie si mon souvenir est bon et d'une étrange passion pour les harlequins :o). Tout m'a paru être un cocktail chargé de poésie...

Bienvenue Mademoiselle Swann!