L’essentiel de mes lectures se fait dans les transports en commun. La vie est faite ainsi en région parisienne et j’optimise au max mon temps perdu entre RER et métro. Dans cet espace commun le lecteur peut être pris au piège par un auteur et, à l'insu de son plein gré, être saisi d'un fou rire incontrôlé et incontrôlable, perturber la quiétude de voyageurs assoupis, terrassés par une dure journée de labeur. De qui se moque-t-on? Est-ce un de ces banlieusards qui pète les plombs? Une lecture peut-elle pousser du rire aux larmes, cet homme assis en face de nous, visiblement heureux? Ce sont les interrogations que je semblais lire dans les regards qui m'observaient. Bref, Jean Paul DUBOIS est cet auteur qui a fait de moi un perturbateur de l’ordre publique, un sans gène riant aux éclats au mépris des règles les plus élémentaires de la bienséance.
A deux reprises. Je l’accuse d'incitation de trouble à l'ordre publique.
C’est un roman que j’ai acheté sur un coup de boule (je veux dire un coup de tête). A mon grand bonheur. Un vrai coup de cœur.
A deux reprises. Je l’accuse d'incitation de trouble à l'ordre publique.
C’est un roman que j’ai acheté sur un coup de boule (je veux dire un coup de tête). A mon grand bonheur. Un vrai coup de cœur.
Au travers du personnage de Paul Blick, Dubois nous raconte une vie française sous la Vè république. Une histoire qui commence par un drame familial puisque Paul perd son grand frère très tôt (dans son enfance). Un drame dont la petite famille Blick ne se remettra pas. On accompagne alors Paul dans son enfance et les péripéties de son adolescence et ses premiers amours sous le Général de GAULLE, ses escapades universitaires sous POMPIDOU, sa vie de couple débutante sous GISCARD, sa vie professionnelle bohémienne et son rôle de père au foyer sous MITERRAND, l’orage sous CHIRAC. Le roman est construit sous forme d’une succession d’anecdotes drôles, communes, tragiques. La vie de Paul Blick n’a rien d’extraordinaire sans pour autant être banal. C’est une vie française de la fin du 20e siècle. La toile de fond historique est très bien superposée à la trame du roman, aux pérégrinations et évolutions de notre personnage.
L’écriture est belle, rythmée, jamais ennuyeuse tantôt fugace, joyeuse tantôt terne, sombre
La langue est parfaitement maitrisée avec des rebondissements inattendus et des fantômes, des blessures traités comme de véritables boulets dans le cheminement de Paul Blick (on pense au souvenir de Vincent, ce grand frère présent à chaque épisode clé de la vie de Paul) .
De l’histoire. C’est un des intérêts du roman, faire vivre les grands épisodes de l’histoire contemporaine française avec celle d'une petite famille toulousaine. On pense à la fin de la guerre d’Algérie, aux remous de mai 68, l’ omniprésence du général dans la petite boite qui vous regarde, à la polygamie de Mitterand selon Mme Blick.
Un bonheur.
Gangoueus
Une vie française, Jean-Paul DUBOIS
Prix Fémina 2004































2 commentaires:
J'ai aussi beaucoup aimé lire ce roman, et j'aime bien la façon dont tu en parles:)
je ne l'ai pas lu dans les transports en commun (je ne suis pas parisienne), mais on a pu entendre autour de moi quelques réactions inattendues de la liseuse silencieuse que je suis quand je l'avais entre les mains...
Je n'ai pas fait de billet sur ce livre, lu avant le début de mon blog...
Il y a des livres comme ça auquel on repense avec beaucoup de plaisir. C'est à un point tel que je n'ai pas eu le courage de m'offrir un autre Dubois de peur que la déception soit au rendez-vous...
A côté, chère Sylvie, il y a de nombreux ouvrages dont ma lecture est antérieure à la création de mon blog et que j'aimerai tant partager...
@ bientôt,
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